‹ Le Grand Palais de Constantinople et Le Livre des CérémoniesChapitre 106 sur 145 · Zirardini, op. cit., p · texte numérisé non relu

Zirardini, op. cit., p

4, Fantuzzi, op. cil., p. 61, 137, 172, 297, 300.

portes, auxquelles sont suspendues des portières doubles. La porte du milieu, plus large que les deux autres, était l'entrée principale. De chaque côté du portique, figurent des colonnades décorées de tentures {.

Faut-il voir, dans cette mosaïque, l’entrée des appartements du prince ou le front du palais, correspondant à la Chalcé de Constantinople ou à la porte dorée de Spalato ? La mosaïque de Ravenne ne rappelle pas cette dernière porte?. Les tentures suspendues aux tringles entre les colonnes, évoquent quelque chose de plus intime qu'un portique extérieur ouvert à tout venant.

Si le mosaïste avait voulu représenter le front extérieur du palais, il n'aurait pas manqué d'y placer la mosaïque représentant Théodoric. Ce péristyle doit figurer la façade des appartements du roi. Le portique, avec ses portières, rappelle le portique qui précédait l’Auguteus, la première salle du palais de Daphné à Constantinople. Il présente aussi une ressemblance frappante avec le péristyle du palais de Dioclétien.

Ici, des arcades sont disposées de chaque côté de la cour, par laquelle on accède à l'édifice principal du palais, dont la façade est décorée d’un fronton triangulaire supporté par quatre colonnes, comme à Ravenne. Mais le mosaïste ravennate, à qui les lois de la perspective étaient inconnues, n’a pas su figurer cette cour entourée de portiques. Il a représenté les colonnades de chaque côté du fronton sur un même plan.

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2. La porte dorée du palais de Dioclétien présente des analogies, non pas avec la mosaïque de Saint-Apollinaire-Neuf, mais avec l'édifice qu’on appelle communément palais de Théodoric. La structure de cette façade, avec ses arcades el sa niche au premier étage, rappelle la porte dorée de Spalato, où des arcades et des niches décorent aussi un mur élevé, percé d’une porte massive (cf. Beylié, Habit. byz., p. 21, 150-151). Ces deux entrées auraient été conçues sensiblement dans le même esprit. Mais l'identification du monument, situé près de Saint-Apollinaire-Neuf, avec le palais de Théodoric est peu fondée. Cf. Ch. Diehl, Ravenne, Paris, 1903, p. #4.

LES ASPECTS DU PALAIS d 167

À Constantinople, comme à Spalato et à Ravenne, l'édilice principal, le palais de Daphné devait être précédé d’un péristyle, qui s’étendait devant l'Augusteus. Mais à Constantinople la disposition parait un peu différente. Avant d'arriver au portique de l'Augusteus, on franchissait une porte, la porte de bronze de l’Onopodion. La petite cour eu terrasse, qui précédait Daphné, semble donc avoir été divisée en deux parties.

Le palais de Constantin devait avoir aussi la forme d’un vaste rectangle, entouré de murs renfermant des cours qui précédaient l'habitation propre de l’empereur. Cette disposition, d’origine syrienne, se retrouve à Mschatta où une cour centrale, dans laquelle on pénètre par une grande porte, précède aussi le corps d’habitation!. Spalato,avec ses avenues perpendiculaires, représente un autre type donton doit rechercher aussi l’origine en Orient ?.

Si ces palais présentent des ressemblances dans leur ordonnance générale, la structure intérieure varie. À Spalato, après avoir traversé le péristyle, on pénètre dans une première salle voütée en coupole, la rotonde, puis dans une seconde salle rectangulaire, placées toutes deux dans l'axe de la grande porte d'entrée. À Mschatta, la cour intérieure franchie, on entre dans un corps de bâtiment, placé dans l’axe de la porte principale et se composant aussi de

deux salles, la première, une salle basilicale à trois nefs,

la seconde à trois conques. Ces deux salles correspondraient au consistorium et au trichorum de la Passion de Thomas *.

1. Cf. Strzygowski, Mschalta, dans Jahrbuch der kün. preuszisch. Kunstsamml., t. XXV, Berlin, 1904, pl: VII, p. 227 s. Cette disposition se retrouve aussi, avec des variantes, à Kasr Ibn Wardan, à Al-Harani, à At- Tuba, à Al-Okhaïder ; cf. Xusejr Amra, Vienne, 1907, t. I, p. 97, fig. 82, p- 13, fig. 8 ; L. Massignon dans C. R. de l'Académie des Inscriplions et Belles-Leltres, 1909, p. 206, fig. 2, p. 210; Publications of the Princeton University Archaeol. Exped. to Syria, Div. II. Sect. B. Part 1, Leyde, 1907, p. 34-35, fig. 32.

2. Cf. Strzygowski, Mschatta, p. 229 s.; Spalalo dans Sfudien aus Kunst und Geschichte F. Schneider zum T0 ‘" be sauele gewidmet, Freiburg, i. B.; 1906, p. 333:

3. Cf. M. Bonnet, op. cit., p.140; Strzygowski, Mschatta, p. 232.

Au palais de Constantin, elles correspondraient au Consistoire et à l’'Augusteus. Mais entre le Consistoire, qui avait, comme à Mschatta, la forme d'un rectangle, et l’Augusteus, il y avait, à Constantinople, l’'Onopodion d’où l'on descendait directement au Consistoire et d'où l’on pénétrait, par un portique, dans la première salle du palais de Daphné, l’'Augusteus. La disposition du palais de Constantin différerait encore ici de celle de Mschatta et de Spalato.

Le Consistoire, situé en avant du palais de Daphné, s’élevail dans une seconde cour avee, d'un côté, vers l'Hippodrome, le palais des Dix-neuf lits, et de l’autre, l’église du Seigneur. Dans celte seconde cour se trouvait aussi le triclinos des Candidats, communiquant avec le Tribunal des Dix-neuf lits, el avec la Magnaure. Près de la porte qui conduisait aux Scholes, étaient situés les Lychni et le triclinos des excubiteurs. Cette seconde cour, qui s’étendait devant la demeure du prince, donnait accès à des édifices adjacents, le palais d'été de la Magnaure et lOaton. Elle communiquait aussi avec la première cour où stationnaient les scholaires. Cette dernière n'avait que deux issues, l'une, du côté intérieur, conduisait au palais, l’autre, du côté extérieur, conduisait, par la grande porte d'honneur, à la place de l’Augustéon.

Toutes les grandes périodes d'innovation artistique furent marquées au palais par l'apparition de monuments nouveaux. Après la période constantinienne, apparurent les nouvelles formes architecturales. Justinien refit la Chalcé avec une coupole posée sur quatre ares, ainsi que les abords du palais icendiés en 532. Mais il ne semble pas avoir dérangé l'ordonnance générale du palais de Constantin. Il habita sans doute le palais de Daphné, comme ses prédécesseurs. Le cubiculum signalé par Pierre magister se trouvail sans doute dans celte partie du palais !.

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