‹ Le Grand Palais de Constantinople et Le Livre des CérémoniesChapitre 11 sur 145 · Cf. Heisenberg, Nicol. Mesar., p · texte numérisé non relu

Cf. Heisenberg, Nicol. Mesar., p

PACE I 3. Constant. Porphyrog., De Administr. Imp. Proem., p. 66-67.

parure de l'empire. Il a réuni dans cette intention, avec un soin minulieux, tout ce qu’il a trouvé chez les écrivains plus anciens, tout ce qui lui a été rapporté par les témoins oculaires, tout ce qu'il a vu lui-même, afin que le pouvoir impérial reflétât l’ordre et l'harmonie répandus dans l'Univers par le Créateur et que le prestige de la cour fût maintenu aux yeux des sujets de l’empire et des peuples étrangers !. Ainsi, le cérémonial n’est pas seulement l'expression liturgique et rituelle de la politesse. La pompe des cérémonies, le faste de la cour, l'ordonnance majestueuse des processions, la raideur hiératique du basileus assis sur son trône sont, pour Constantin VII, un moyen d’assurer à l'empire la continuité et d'augmenter sa puissance. En fixant pour l’éternité les règles du protocole, il avait suscité une œuvre qui, dans sa pensée, devait, plus qu'aucune autre, lui créer un nouveau titre de gloire devant la postérité et perpétuer à jamais le renom et la majesté de l’empire byzantin.

Pour nous le livre des Cérémonies présente un autre intérêt. En faisant revivre cette vie de cour avec son continuel gala, il évoque un des côtés les plus caractéristiques de cette civilisation éprise de luxe et révèle une quantité de traits de mœurs et d'habitudes sociales. La cérémonie reflète un milieu ; elle est l'expression d’une société parvenue à un état de civilisation avancée. Un milieu artistique est nécessaire pour qu’elle naisse et se développe. Les vestes, les actes, les formules du protocole n’ont une réelle valeur que s'ils sont accompagnés d’un appareil extérieur, pompeux et solennel. Aussi le livre des Cérémonies, tout en décrivant minutieusement le rituel de la cour, donnerat-il des renseignements précieux sur le costume, dont les transformations successives sont liées étroitement aux mœurs, aux événements, au caractère des hommes. En

1 Cer., p. 3-5; cf. p. 516-517.

énumérant les fonctionnaires et les dignitaires sans lesquels aucune cérémonié ne peut avoir lieu, il fournira de riches matériaux à l'historien des institutions. Enfin, un cadre extérieur est nécessaire au déploiement de toutes ces pompes. Ce cadre ce sont les églises de Constantinople où l’empereur se rend en procession, les palais qu'il visite à certaines fêtes, mais surtout sa propre demeure. Cest là qu'il naît, qu'il est couronné, qu’il se marie. C’est là qu'il rentre en triomphe après ses victoires. La plus grande partie de son activité politique a pour théâtre les salles de son palais. Il y donne l'investiture aux dignitaires et aux fonctionnaires. Il s’y occupe journellement des affaires de l'État. Il y reçoit les ambassadeurs et les hôtes illustres de l'Empire. D'ici il part pour aller faire ses dévotions dans les sanctuaires de la Ville. Il y donne les festins d'apparat les jours de fêtes ; il se divertit ici ou bien à l'Hippodrome, proche de sa demeure. Enfin, 1l meurt et son corps est exposé dans une des plus brillantes salles du palais avant d'être déposé au sépulcre. Ainsi, le cérémonial nous fait pénétrer à l’intérieur même de l’habitation impériale et nous associe, en quelque mesure, à la vie intime de la cour.

Le livre des Cérémonies est parvenu dans un seul manuscrit, un parchemin du onzième ou douzième siècle, qui fit d'abord partie de la bibliothèque du roi de Hongrie, Mathias Corvin, dont il porte encore les armoiries!. I] devint ensuite la propriété de Zacharias Conrad Uffenbach jusqu'en 1732, époque à laquelle il passa à la bibliothèque de la ville de Leipzig, où il est conservé actuellement?. La première édition fut entreprise par J. Leich, qui mourut en laissant le travail inachevé. Reiske le reprit, compléta la

1. Cf. A. Reumont, {a Biblioteca Corvina dans Archivio Storico Italiano, 4 sér., t: IV, Florence, 1879, p. 71.

2. Cf. R. Naumann, Calalogus librorum manuscriptorum qui in bibliotheca senaloria civilalis Lipsiensis asservantur, Grimma, 1838, PAM O En EX XNA Fabricius-Harles, Bibliolheca Graeca, t. VIII, p. 30.

INTRODUCTION fl

traduction latine, ajouta les commentaires historiques et critiques. Cette première édition, parue à Leipzig (1751- 1794) !, fut reproduite dans le Corpus de Bonn avec les préfaces et les commentaires de Reiske.

L'étude critique du livre a été entreprise depuis longtemps. Reiske, qui avait reconnu certaines sources que le livre indique lui-même, avait démontré le caractère impersonnel et objectif de l'œuvre entreprise par Constantin VIT.

Le compilateur du dixième siècle s’est contenté souvent de reproduire des documents de date plus ancienne. En outre, le livre reçut des additions postérieures à l’époque de Constantin Porphyrogénète. Quelques morceaux, sans rapport direct avec l'objet du livre, ont été même introduits dans la compilation?.

Certains traités ont été insérés dans le livre des Cérémonies avec le nom de leur auteur. Reiske avait identifié Pierre magister, dont le nom est placé en tête des chapitres 84 et 8 du livre I*"#, avecle personnage du même nom qui remplissait à la cour de Justinien les fonctions de magisler officiorum. Celui-ci avait composé un traité du cérémonial qu'on a identifié avec les chapitres 84 à 95 du livre“. Si, comme on l’a prétendu”, tous ces chapitres ne peuvent être attribués avec une entière certitude au maitre

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