À LE GRAND PALAIS DE CONSTANTINOPLE
sa mauvaise humeur d'Occidental grossier, peu habitué aux raffinements, sont pour certaines salles du palais d'une précision qui étonne.
Au début du treizième siècle, un fonctionnaire ecclésiastique de la cour, Nicolas Mesarilis, a raconté les événements dont il fut témoin au moment où, en 1201, l’usurpateur Jean, de la famille des Comnènes, se révolla contre l'empereur Alexis II et tenta de s'emparer du palais, après avoir ceint la couronne à Sainte-Sophie!. Cet opuscule, écrit à la veille de la catastrophe de 1204, apporte des précisions nouvelles sur différents points de la topographie du palais; il révèle surtout lexistence de quelques monuments inconnus.
Toutes ces descriptions sont d'un intérêt capital pour la restitution du palais impérial; mais elles sont toutes partielles et incomplètes si on les compare au livre des Cérémonies, à cette vaste compilation entreprise au dixième siècle par l’empereur Constantin Porphyrogénète?.
L'empereur, à cette époque comme au quatrième siècle, est le représentant de la divinité. Le Tout-Puissant le couvre de son bouclier. Son trône est comme un soleil et le regard de Dieu est fixé sur lui. Il a été placé comme une statue d’or sur une montagne pour être adoré par tous les peuples de la terre”. Le cérémonial qui, déjà à l'époque du grand Constantin, occupait une place importante dans la vie de la cour, s’est compliqué au cours des siècles. Le protocole entoure de plus en plus la personne de l’empereur; mais dans ce rituel pompeux on cherchera, avant tout, un moyen de rendre l’empire plus majestueux, plus terrible. Constantin VII, dans la préface du livre des Cérémonies, a très bien défini le but qu'il se proposait. Il a voulu faire revivre les traditions anciennes qui étaient la