Eusèbe, Vita Const., IT, 3, p. 78 ; III, 15, p
2. Eusèbe, ibid., IT, 3, p. 78. D’après une tradition,la Chalcé aurait été bâtie par Constantin (cf. Preger, Script. Orig. Const., t. Il, p. 218). Une autre tradition l’attribue à l'empereur Anastase I et à son architecte Aitherios (cf. Epigram. vet. poet., dans Banduri, /Zmp. Orient., t. I, pars III, p. 146; Cedrenus, t. 1, p. 563). Cette dernière attribution reproduite par Hammer, Const. und der Bospor., Pesth, 1822, t. I, p.221 et par Bjeljaev, Byzantina, I, p. 131, est née probablement d'une confusion. Lors d’une révolte sous l’empereur Anastase, la faction des Verts incendia la Chalcé de l'Hippodrome (Chron. Pasch., p. 608; cf. p. 701).II faut donc distinguer la Chalcé de l'Hippodrome de la Chalcé du palais. Anastase dut reconstruire la Chalcé de l'Hippodrome après l'incendie et c'est vraisemblablement pour cette raison que les auteurs lui ont attribué la construction de la Chalcé du palais.
La première Chalcé avait un toit recouvert de bronze doré. Elle brûla lors de l'incendie allumé pendant la sédition de Nica!. Justinien la reconstruisit en employant les nouvelles formes architecturales propres à l’art byzan- CE
D'après Procope, la nouvelle Chalcé était un édifice entouré de quatre murs élevés. Les murs, au nord et au sud, un peu moins longs que les autres, donnaient au monument une forme rectangulaire. A l’intérieur quatre piliers puissants, faisant corps avec les parois, soutenaient huit arcs. Sur quatre de ces arcs reposait la coupole centrale. Les autres, au nord et au sud, s’appuyaient sur les murs extérieurs et soutenaient des voûtes? (pl. 7) Les parties supérieures resplendissaient de mosaïques d'une finesse et d’un coloris incomparables, De chaque côté, on voyait les guerres et les combats, les villes conquises en Italie et en Libye, Justinien victorieux, Bélisaire revenant avec son armée el présentant au basileus le butin et les rois captifs. Au milieu se tenaient l'empereur et l’impératrice Théodora, lêtant les victoires remportées sur les Vandales et les Goths et entourés des membres du sénat. La joie apparaît sur tous les visages. Ils sourient, fiers de leur empereur qu'ils honorent comme un dieu. Les murs étaient lapissés de plaques de marbre jusqu'aux mosaïques. Parmi ces plaques, les unes étaient semblables à l’émeraude, les autres avaient la couleur du feu, mais la plupart étaient blanches et veinées de bleu. Le sol était
1. Chron. Pasch., p. 621; Théophane, t. I, p. 184; Cedrenus, t. I, p. 647.