‹ Le Grand Palais de Constantinople et Le Livre des CérémoniesChapitre 78 sur 145 · Theoph. Cont., III, 43, p · texte numérisé non relu

Theoph. Cont., III, 43, p

2. Ibid, III, 42, p. 139-140. La pierre de Carie (Aos Kaoravde) était un marbre blanc (cf. Daremberg, Saglio et Pottier, Dict. des Ant. Grecq. et Rom., art. marmor ; Theoph. Cont., III, 43, p. 146)

LE TRICONQUE ET SES DÉPENDANCES BLO

tenu par huit colonnes tachetées de rose. Les murs étaient recouverts d’une riche décoration zoomorphique et le sol était pavé de mosaïques et de marbre blanc de Proconnèset. On y voyait aussi une chambre (x) dont le toit circulaire, tacheté d’or, était soutenu par quatre colonnes?. A l’est et au sud, les portiques se composaient de quatre colonnes en marbre de Thessalie?. Les murs et le sol étaient aussi richement décorés que ceux du Margarilis (pl. 32 F). Théophile habitait cette chambre de l’équinoxe du printemps à la fin de l'automne. A l'approche de l'hiver, il émigrait dans un autre appartement, au Carianos, pour être à l'abri des vents violents. De ce côté, face au nord, s’étendait une terrasse (heliacon)“.

Sur le côté sud, au milieu de terrasses et de jardins, Théophile éleva d’autres appartements (cubicula). Le premier d'entre eux était le Camilas (Kau&) dont le toit, tacheté d'or, était soutenu par six colonnes de marbre vert de Thessalie. (pl. 32 G). Les murs, dans leur partie inférieure, étaient tapissés de plaques du même marbre; plus haut, brillaient des mosaïques à fond d’or, représentant des scènes de la moisson. Le sol était recouvert de marbre de Proconnèse. Au Camilas était attenant un oratoire avec deux autels, l’un consacré à la Vierge, l’autre à l’archistratège Michel. L’entresol (wsséraov), d’où l’on avait vue, par une balustrade (xou8toy) de marbre, sur le Chrysotriclinos, fut transformé plus tard en bibliothèque par Constantin

1. La pierre de Proconnèse ({[Icotxoyydstos Àifos) est un marbre blanc bien connu (cf. Daremberg, Saglio et Pottier, op. cif., art. marmor ; Theoph. Cont., IT, 43, p. 145-146). Le Margaritis fut construit dès l’avène-

ment de Théophile. En 830, il y choisit sa femme Théodora; cf. Leo Grammat., Chron., p. 213.

2. Ces colonnes étaient en À{0os Babbivos ; cf. Theoph. Cont., IT, 43, p. 145, 146. Cette pierre était sans doute un marbre de couleur sombre ; cf. Estienne, &. v.

3. La pierre de Thessalie (@ettaktxôs 004) est un porphyre vert, bien connu ; cf. Theoph. Cont., III, 43, p. 144, 146; V, 89, p. 333, 334 ; cf. Daremberg, Saglio et Pottier, 0p. cit., art. marmor.

4. Theoph. Cont., 1LL, 43, p. 143-144. Plus tard, au dixième siècle, la chambre du Carianos fut habitée par le pappias.

Porphyrogénète. Une salle à manger (&uorrriooy) complétait cet ensemble de pièces ; ses murs étaient aussi couverts de marbres et son sol de mosaïques polychromes.

Après le Camilas venait une deuxième construction, dont le toit semblable à celui du Camilas, était soutenu par quatre colonnes de marbre de Dokimia (pl. 32 H). Elle était pavée de marbre de Proconnèse; ses murs en haut, resplendissaient aussi de mosaïques à fond d’or où figuraient des arbres et d’autres objets en cubes verts. L’entresol (2607006) était l'habitation des eunuques préposés à la garde du gynécée.

Le troisième bâtiment, qui fut plus tard, au dixième siècle, transformé en vestiaire (Bessupuv) de l’impératrice, avait un toit semblable aux précédents et son sol était pavé de marbre blanc de Proconnèse. Les murs en furent décorés plus tard d’icones par le fils de Théophile, Michel III. A l’étage inférieur (xerwyeo), le plafond était soutenu par sept colonnes de marbre de Carie, cinq au sud et deux à l’est. Les deux murs étaient ornés de plaques de marbre!. On l'appelait le Mousicos (Movax), parce que ces marbres polychromes et bien disposés le faisaient ressembler à une vaste mosaïque ; son parquet lisse, avec ses dessins et ses marbres aux tons variés, ressemblait à une prairie parsemée de fleurs (pl. 32 D.

À l’ouest, un quatrième bâtiment était attenant à ce dernier. Égal aux autres par la beauté de ses marbres, il avait son toit soutenu par cinq colonnes de marbre de Carie, trois au sud et deux à l’ouest (pl. 32 J.

Près de ce dernier édifice s'élevait une autre construction, formée de deux bâtiments et avoisinant la chambre

1. Ces plaques étaient en marbre romain et en marbre de Carie. Le rnyavoistos A0oç semble être un marbre ayant la couleur d'une plante, la rue (rfyavov) ; cf. Du Cange, Gl. gr., s. v. ; Estienne, s. v. Les murs étaient aussi ornés de marbre vert de Thessalie, dont les veines chatoyantes imitaient les ondulations d'une eau courante (rzotéuua). Cf. Du Cange, GI. gr., s. v.; Theoph. Cont., V, 89, p. 333.

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(oué) de l’impératrice, où Léon VI le Sage construisit plus tard l’oratoire de Sainte-Anne!. Le premier bâtiment avait un toit soutenu par quatre colonnes ; le sol était recouvert de marbre blanc de Proconnèse et les murs de plaques de marbre (pl. 32 L). L'autre bâtiment conduisait par un escalier à la chambre de l'Augusta? (pl 3° K).

Enfin, Théophile éleva un dernier triclinos à quatre chambres luxueuses. Deux d’entre elles qui donnaient sur l'entresol du deuxième bâtiment, près du Camilas, avaient un plafond doré soutenu par quatre arcs (pl. 32 M). Les deux autres, d’où l’on avait vue sur le Lausiacos, avaient leur sol pavé de marbre de Proconnèse et leurs murs recouverts non de marbre, mais de peintures. Elles furent toutes deux détruites par un incendie?.

Ces édifices, avoisinant le Triconque et le Sigma, n’occupaient pas une place importante dans le cérémonial de la cour. Certains d’entre eux changèrent de destination. Le Carianos, habité par Théophile‘, servit plus tard, au dixième siècle, de vestiaire (Besriéou) où l’on conservail les vêtements de soie et d’autres objets précieux?. L'Éros, qui élait l'arsenal de Théophilei, n’est mentionné, dans les cérémonies, que comme un lieu de passage. Ainsi la patricienne à ceinture, après sa promotion, sortait du Chrysotriclinos au Lausiacos et gagnait l'Éros d’où, par les édifices du palais, elle se rendait à Sainte-Sophie?, De l'Éros, on

1, La sainte, à qui cet oratoire était consacré, devait être la mère de la Vierge, dont l'anniversaire était célébré 1e 5 juillet. Son culte se répandit assez tôt à Constantinople, où Justinien [* avait construit une église en son honneur au quartier du Deutéron. Cf. Synax. eccl.Const., p. 841, 842 ; cf. Richter, Quellen, p. 189-190.

2, Theoph. Cont., III, 43, p. 144-146. Cette chambre de l'impératrice était à l'opposé des appartements de l’empereur, qui se trouvaient sur le côté nord. Elle était située du même côté que le logement des eunuques qui habitaient le bâtiment, près du Camilas.

. Theoph. Cont., IIT, 44, p. 147.

. Theoph. Cont., III, 43, p. 144.

. Theoph. Cont., III, 42, p. 139-140; Cer., IT, 15, p. 582, 592.

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