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Theoph. Cont.,-Il]; 43; p

LA SITUATION DU TRICONQUE. L’ABSIDE. LES PASSAGES DU SEIGNEUR. ET DES QUARANTE-SAINTS

La construction du Triconque et de ses dépendances amena des modifications importantes dans la topographie du palais. Jusqu'au neuvième siècle, la demeure impériale se composait de deux parties bien distinctes, d’une part, le palais de Daphné, d'autre part, le nouveau palais, dont le Chrysotriclinos était le centre et qui était relié à l’'Hippodrome par le Lausiacos, le Justinianos et les Skyla. Quelle était la situation du Triconque par rapport à tous ces monuments ? Les itinéraires suivis à travers les édifices du palais permettront de déterminer l'emplacement des nouvelles constructions.

Quand, du Triconque, on gagnait le palais de Daphné, on rencontrait l’Abside (à ‘Ayi) qui mettait en communication le vieux palais avec les nouveaux bâtiments de Théophile (pl. 28). C'était probablement une porte voûtée, au-dessus de laquelle se dressait autrefois, jusqu'au moment où elle fut brisée sur l’ordre de l’empereur Maurice (582-602), une statue de la Fortune (Téyr) rapportée de Rome par Constantin !. On désignait aussi par Abside la partie du palais avoisinant celte entrée. Au milieu du neuvième

1. Preger, Script. Orig. Const., t. II, p. 257; cf. J. Strzygowski, Die Tyche von Konstantinopel, dans Analecta Graeciensia, Graz, 1893, p. 151.

siècle, sous le règne de Michel III, le logothète Théoctiste, qui, fort absorbé par ses fonctions, habitait le palais, s'était fait construire près de l’Abside une demeure, un bain et

un jardin (pl. 29). En même temps, il fit placer à Daphné une porte de fer!

Quand l’empereur se rendait du Triconque au palais de Daphné, après avoir passé par l’hémicycle, le Sigma, il traversait l’Abside, d’où il gagnait Daphné, les oratoires et l’Augusteus ?. Ainsi, l’Abside était une entrée donnant accès du vieux palais aux nouvelles constructions de Théophile. À certaines fêtes, les dignitaires et les fonctionnaires s'y réunissaient pour gagner ensuite l’hémicycle où ils attendaient l’arrivée de l’empereur ?.

Pour sortir du palais, les empereurs ne passaient pas

1. Théodos. Melit., Chron., p. 160. Le dimanche de Sexagésime (xvptarn ts axoxpéas), c'est-à-dire le dernier dimanche avant Pâques où il était permis de manger des viandes, l'empereur donnait un festin dans l’Abside (Cer., IT, 52, p. 759). Il avait lieu probablement dans un des bâtiments avoisinant l’Abside.

2. Cer., I, 35, p. 180; I, 68, p. 304; I, 72, p. 360. Parfois, dans le trajet de lhémicycle à Daphné, l’Abside n'est pas mentionnée (Cer., I, 23, p. 128-129; I, 26, p. 143; I, 32, p.174; I, 10, p. 72). La situation de l’Abside, entre le Triconque et Daphné, est indiquée dans d'autres textes. Triconque, Abside, Daphné ou inversement Daphné, Abside, Triconque était un itinéraire souvent suivi (Cer., I, 53, p. 265; 1, 68, p. 309; I, 70, p. 347). D'après un texte (Cer., I, 32, p. 174), l'empereur, rentrant au Chrysotriclinos, passe par l'Augusteus et l’Abside du Triconque. L'Abside est ainsi appelée à cause de la proximité du Triconque. Dans les autres textes qui indiquent le même itinéraire ou le trajet inverse, elle est désignée simplement par le mot Abside (Cer., I, 9, p. 70, 71; I, 70, p. 342; I, 52, p. 263). Des passages faisaient communiquer l’Augusteus avec l’'Abside (Cer., IT, 15, p. 573, 584). Le palais de Daphné communiquait ainsi directement avec celle-ci.

3. Cer., I, 10, p. 70-71; I, 68, p. 303-304. Labarte, Palais, p. 68, 143, prétend que l'Abside était un hémicycle recouvert par une demi-coupole. Sur son plan (pl. II, n° 60), cet hémicycle s'ouvre sur la phiale du Triconque et communique avec Daphné. Mais Labarte a confondu lAbside avec l'hémicycle. Par &d{s il faut entendre une voûte, un arc (v. plus haut, p. 24 n. 5). M. Reber, Xarol. Palast., p. 762-763, qui a confondu le Sigma avec le Triconque, prétend aussi, sans raison, que l’Abside était la conque principale du Triconque. D'après Labarte, l’Abside aurait donné accès à une longue galerie (pl. Il, n° 44) perpendiculaire au Triconque et à Daphné. A l'extrémité de cette galerie, il place les oratoires de Daphné (v. plus haut, p. 56). Ainsi l'empereur aurait été obligé, quand il passait par l'Abside, de traverser cette longue galerie pour se rendre aux oratoires et de revenir sur ses pas pour entrer à l’'Augusteus (pl. IT, n° 48).

toujours par le palais de Daphné. Ils suivaient parfois un autre itinéraire. Du Sigma, ils pouvaient gagner l’église du Seigneur, la Sacellè et l’'Oaton d'où ils se rendaient à la Magnaure et à Sainte-Sophie!. Au retour de certaines processions, après avoir passé par l’église du Seigneur, ils rentraient directement à l'hémicycle, au Sigma, après avoir traversé les passages de l’église du Seigneur (Srafarixà où Kuotou)?. Ainsi, une galerie (pl. 31) faisait communiquer le Sigma avec l'église du Seigneur, reliant ainsi le vieux palais aux constructions de Théophile. Lorsque l'empereur sortait par là, les dignitaires et les fonctionnaires se réunissaient à l’église du Seigneur, attendant l’arrivée du basileus. Et quand le palais était ouvert, l'empereur passait par la sortie qui conduisait à l’église du Seigneur *, et montait à cheval pour se rendre en procession dans les églises éloignées #.

Le Tricorque communiquait aussi avec le Chrysotriclinos. De la salle du Triconque ou de l’hémicycle, on pouvait gagner la salle du trône par les passages des Quarante- Saints (rà Grafarixk rüv ‘Ayiov rescaodxovra) (pl. 34). Cet itinéraire était assez souvent suivi par les empereurs pour rentrer dans la salle du trône. Ces passages sont aussi mention-

Il est plus logique de placer les oratoires sur le chemin suivi par l’empereur quand, de l’Abside, il gagnait l'Augusteus.La grande galerie transversale, inventée par Labarte, n'a pas sa raison d'être. Paspatis, sur son plan, a adopté une disposition analogue. Les oratoires de Daphné (n°5 37, 38, 39) sont à l'extrémité d’une longue galerie, perpendiculaire au Triconque (n° 21) et loin de l’Augusteus (n° 46).

1PNOer AL M0 D PADEALIE LE pp b6 7 NII 38 p-1080:

2. Cer., I, 10, p. 84; I, 17, p. 107; I, 30, p. 169. Certains textes ne mentionnent pas les diabatica ni le Triconque et disent simplement que le basileus rentrait au palais sacré par l’église du Seigneur. L'itinéraire suivi doit être le même (Cer.. I, 1, p. 32, 35; I, 16, p. 98).

3. Cer., 1, 17, p. 99, 1. 8. Le texte présente ici une lacune, il faut restituer d’après le passage parallèle (Cer., II, 38, p. 635, 1. 14): avo{£avros dë toÿ rahatiou [dux ris éF0dou tie éExyobans] ért [thv] toë Kupiou [éxxAratav]. Reiske, Comm., p. 203, a reconnu cette lacune, mais n'a pas reslitué le texte.

4'Cer., 11, 13, p. 551.

DCR AUD AUTOS PS0 Ep 16060 D SU0E MECS, p. 309-310; I, 70, p. 347-348; I, 10, p. 84-85.

nés quand, du Chrysotriclinos, le basileus gagnait le Triconque et le Sigma. I1s communiquaient, d'autre part, avec la terrasse située à l'est du Chrysotriclinos et sur laquelle s'élevait l’église de la Vierge-du-Phare?. Ainsi, ces passages mettaient en communication le Triconque avec le Chrysotriclinos et sa terrasse. Ils portaient le nom des quarante martyrs de Sébaste qui moururent sous Licinius ?.

Du Triconque, on pouvait aussi gagner le Chrysotriclinos en suivant un autre itinéraire. On passait, dans ce cas. par le Lausiacos, d'où, par le Tripetôn, on pénétrait dans la salle du trône *. En venant du Triconque, on rencon-

ACER SD D SUN C D 208 T0 D OU IL 10 Mn 545 N5, p. 567. Dans ces cas, les fonctionnaires du cubiculum accompagnaient l'empereur, Quand le palais était ouvert, ils entraient par les passages des Quarante-Saints, où ils attendaient que l'empereur sortit du Chrysotriclinos (Cer., I, 10, p. 72; I, 23, p. 128-199).

2. Cer., I, 50, p. 261. La patricienne à ceinture, venant de la Magnaure, passait par l’Éros, les diabatica des Quarante-Saints, puis elle traversait l’'heliacon du Chrysotriclinos pour entrer à l’église du Phare. L'empereur suivait un trajet analogue, mais à l'inverse, quand, de l’église de la Viergedu-Phare il traversait les passages des Quarante-Saints et l'Abside pour se rendre à Daphné dans l'église de la Vierge (Cer., I, 9, p. 71).

3. L’anniversaire des quarante martyrs était célébré le 9 mars (ef. Menol. Basil., dans Migne, P. G., t. CXVII, col. 345). Un ménologe conservé dans le manuscrit 360 de la bibliothèque de Jérusalem (neuvième siècle) mentionne au 27 août la commémoration des quarante saints au palais (cf. Papadopoulos-Kerameus, ‘leposooutceen Bifaobnen, t. II. Pétersbourg, 1894, p. 472). Peut-être existait-il au palais une église qui leur était consacrée et qui aurait donné son nom à ces passages. Le livre des Cérémonies mentionne au 9 mars l'anniversaire des quarante martyrs (Cer., II, 13, p. 519). L'église où les souverains se rendaient m'était pas au palais, mais dans la ville où plusieurs églises avaient été consacrées à ces saints; cf. Richter, Quellen, p. 184, 204-206; Gedeon, Bu ‘Eopr., p. 81.

4. Le trajet du Triconque au Chrysotriclinos, en passant par le Lausiacos, était suivi par l'empereur à la fête des Rameaux pour rentrer dans la salle du trône. Auparavant il avait distribué des croix au Chrysotriclinos; puis, par l’hémicyele s'était rendu à Daphné. Le cortège avait passé par Île Lausiacos, le monothyron et l'hémicycle où l'empereur était reçu (Cer., I, 32, p. 174-175). Parfois ce dernier rentrait du Triconque au Chrysotriclinos par les passages des Quarante-Saints, tandis que son cortège passait par le monothyron pour entrer au Lausiacos (Cer., 1, 30, p. 169). Le trajet inverse est aussi décrit. L'empereur sortait du Chrysotriclinos par les passages des Quarante-Saints, tandis que le cortège passait par le Lausiacos et le monothyron pour se rendre à l'hémicycle où lempereur était reçu (Cer., I, 66, p. 297; I, 35, p. 180).

trait une porte à un battant (uovdiupov), puis on descendaitun escalier (Bsüudes, cxaka, Baduldrz, Basuldis) qui conduisait au Lausiacos. Quand on allait au Triconque, en suivant l'itinéraire inverse, on gravissait au contraire cet escalier pour franchir la porte à un battant!. Cette porte donnait aussi accès à un local (Eté, Etdxde) affecté à l'administration des biens privés de l'empereur ?. Un autre local administratif (’Acnxonteiæ) était situé près de là 3.

Telles étaient les deux voies par lesquelles, du Chrysotriclinos, on accédait au Triconque. La porte à un battant, voisine de l’Idikon et du Lausiacos doit être distinguée d’une autre porte qui n'avait aussi qu'un battant (sovdüuoov) et qui était faite d'un métal poli (yævwréy). On passait par cette porte lorsque, du Chrysotriclinos, on gagnait l’hémicycle par les passages des Quarante-Saints. Cette porte donnait accès au Sigma “; landis que la porte à un

1. Ainsi le patriarche et l’empereur, après avoir traversé le monothyron, descendent cet escalier du Lausiacos, passent par le Lausiacos et entrent au Chrysotriclinos par le Tripetôn {Cer., I, 14, p. 91; I, 32, p. 175). A l'inverse, le préposite avec l'hyparchos, lès dignitaires et les fonctionpaires passent par le Lausiacos, l'escalier et le monothyron (Cer., I, 52, p. 263; I, 66, p. 297).

2. La porte à un battant est appelée monothyron de l'Idikon ou monothyron qui donne accès à l’Idikon (Cer., I, 14, p. 91; I, 30, p. 169; I, 32, p. 174, 175; I, 35, p. 180; I, 52, p. 263; I, 66, p. 297). La porte qui mène à l'Idikon était ouverte chaque matin (Cer., Il, 1, p. 519). Le fonctionnaire placé à la tête de cette administration était appelé © ért toù Etètxo, ou Ô &idtx0s. Il avait plusieurs subordonnés (Cer., II, 52, p. 714, 720); cf Du Cange, Const. Christ. lib, IL p.11; Gloss. 07,8. v.1OLxOV: Reiske, Comm., p. 156; Bjeljaev, Byzanlina, I, p. 47, n. 2.

3. Les Asecretia étaient ouverts chaque matin, en même temps que la porte donnant accès à l’Idikon(Cer., Il, 1, p. 519). C’est là que, sur l'ordre du basileus, on allait chercher le logothète. Le papias sortait du Chrysotriclinos au Lausiacos et transmettait l’ordre à un fonctionnaire, qui allait chercher le logothète aux Asecretia. Puis le papias l’introduisait auprès de l’empereur au Chrysotriclinos (Cer., II, 1, p. 520). La date de la construction des Asecretia et de l’Idikon est inconnue. D’après un texte, Constantin aurait construit au palais un Idikon. Ce dernier ne peut être identifié avec l’Idikon près du Lausiacos, qui est postérieur aux constructions de Constantin. Il en est de même du Sigma que le même texte attribue aussi à Constantin (Cf. Preger, Script. Orig. Const., t. II, p. 14).

4. Cer., I, 66, p. 297-298. Ce texte distingue nettement ces deux portes. Pour se rendre à l'hémicycle, les dignitaires et les fonctionnaires passent

battant, près de l'Idikon, faisait communiquer le Lausiacos avec le Triconque, la phiale !, l'hémicycle ? et l'Abside ?.

Dans Île trajet de l’Abside à cette dernière porte, sont indiqués les passages du Triconque (3taBazixd rod Tosxéyyou) 4. Par ces passages on désignait non pas une galerie spéciale, mais simplement le trajet suivi à travers les monuments du Triconque ÿ.

Ainsi, le Triconque communiquaitavecle palais de Daphné par l’Abside, avec l'église du Seigneur par les passages du Seigneur, avec le Chrysotriclinos par les passages des

par le Lausiacos, l'escalier, le monothyron de l'Idikon. Au contraire, le basileus passe par les passages des Quarante-Saints et par le monothyron poli de l'hémicycle, par où il entre au Triconque. Le trajet inverse est également décrit. De l'hémicycle, l'empereur passe par la porte polie du monothyron, les passages des Quarante-Saints et rentre au Chrysotriclinos (Cer., I, 68, p. 310). Un texte (Cer., I, 10, p. 72) mentionne la porte polie du Triconque. Les dignitaires etles fonctionnaires se trouvent dans l’'hémicyele, où ils attendent l’empereur. Les fonctionnaires du cubiculum sont entrés par les passages des Quarante-Saints, pour y attendre la sortie de l'empereur qui passe par la porte polie du Triconque. Ici il est reçu par les dignitaires et les fonctionnaires. Comme ceux-ci se tenaient à l'hémicycle, c’est probablement la porte de l'hémicyele qui est mentionnée ici; de même dans un autre texte (Cer., I, 70, p. 347-348), le monothyron est mentionné comme faisant communiquer le Triconque avec les passages des Quarante-Saints et le Chrysotriclinos.

JuCer., L:32; p-17#

2 0eR 160 D2016118b "D 2180

3. Cer., 1, 52, p.263. Letrajetinverse est'aussi décrit. (Ger.; 1, 14, p.91; I, 32, p. 174-175).

4. Cer., I, 14, p. 91. Un texte qui mentionne l'itinéraire inverse signale aussi des diabatica entre le monothyron près de l’Idikon et l'Abside (Cer., I, 52, p. 263).

5. Ces passages du Triconque, d'après un texte (Cer., I, 14, p. 91) se trouvaient entre l’Abside et le monothyron près de l'Idikon. Ils faisaient donc communiquer le palais de Daphné avec le Chrysotriclinos. L’empereur,venant du kiton du Chrysotriclinos, suivait ces passages du Triconque pour se rendre par l'Abside à Daphné (Cer., I, 70, p. 341-342). Le texte, Cer., I, 68, p. 304, indique le trajet inverse. D’après certains textes, le patriarche entrait au Chrysotriclinos par les passages du Triconque (Cer., I, 19, p. 116; 1,20, p.119; 1,21, p.122). D'après un autre texte, l'empereur se rend à Daphné par les passages du palais (Cer., I, 25, p. 140). Il est probablement question ici des passages des Quarante-Saints ou des passages du Triconque. Par passages du Triconque, on entendait simplement le trajet suivi à travers les monuments du Triconque; de même l'itinéraire suivi à travers les Excubites, les Scholes et la Chalcé est désigné par le mot otafattux (Cer., Il, 19, p. 608).

Quarante-Saints et avec le Lausiacos par la porte à un battant près de l’Idikon!.

1. Labarte, Palais, p. 71, 151 s., entend à tort par diabatica du Triconque, une galerie (pl. IT, n° 74) faisant communiquer le Triconque (n° 73) avec le Lausiacos (n° 92) par le monothyron de l'Idikon. Il a été ainsi amené à éloigner sans raison le Lausiacos du Triconque. Pour combler l'espace intermédiaire, il invente un triclinos (n° 90) qui ne porte pas de nom et qui est entouré de grands espaces vides. De chaque côté de cette galerie, Labarte place l’Idikon, les Asecretia (n° 77), les cuisines et d’autres pièces nécessaires au service du palais (n° 78). Les renseignements assez vagues sur ces locaux ne permettent pas une localisation précise. Mais on doit les chercher dans le voisinage du Lausiacos. L'Idikon avoisinait le Lausiacos et se trouvait sur litinéraire suivi pour aller du Triconque au Lausiacos. Comme ce dernier édifice était situé à l’ouest du Chrysotriclinos,les passages des Quarante-Saints ne doivent pas être cherchés de ce côté. Ces passages, qui faisaient communiquer le Triconque avec le Chrysotriclinos et la terrasse à l’est de la salle du trône, devaient se trouver sur le côté nord du Chrysotriclinos et se prolonger jusqu'au Triconque. La direction que leur donne Labarte, Palais, pl. IT, n° 80, parait probable.

LES CONSTRUCTIONS DE BASILE ler

A. — Le Kénourgion.

Dans la seconde moitié du neuvième siècle, le palais s'enrichit de nouvelles constructions dues au fondateur de la dynastie macédonienne, Basile [°° (867-886).

Une des plus opulentes élait le Kénourgion (Kavoioyrov) (pl. 35 IX). C'était une salle de forme basilicale, à seize colonnes. Huit d’entre elles étaient en marbre vert de Thessalie. Les huit autres, en onyx, avaient reçu une décoration sculptée:six étaient ornées de sarments de vigne et de figures d'animaux; sur les deux autres, l'artiste avait taillé des dessins aux lignes sinueuses, dont la variété retenait l’œil et le captivait. Les murs, au-dessus des colonnes jusqu’au toit, et la conque orientale brillaient de mosaïques à fond d'or. On y voyait Basile [* siégeant au milieu des généraux, ses satellites, qui lui apportaient en présents les villes prises. Au-dessus, sur le plafond, étaient représentés les exploits herculéens de l’empereur, ses travaux, ses combats et ses victoires.

Basile construisit aussi une chambre (xarwv) de forme carrée, qui surpassait les autres en beauté et en richesse (pl. 35 IX). Au milieu, sur le sol, figurait un paon, en mo-

saïque, à l’intérieur d’un cercle en marbre de Carie, d’où partaient des rayons, faits du même marbre et aboutissant à un cercle plus grand. D'ici partaient, vers les quatre angles de la pièce, des ruisseaux en marbre vert de Thessalie. Dans les intervalles, quatre aigles, en fines mosaïques, semblaient prendre leur vol. Les murs, avec leurs plaques de verre polychrome, semblaient être recouverts d’une parure de fleurs. Des ornements rehaussés d’or séparaient la partie inférieure des parties supérieures. Des mosaïques à fond d’or représentaient ici le souverain et sa femme Eudokia, en habits impériaux, la tête ceinte de leurcouronne. Autour d’eux leurs enfants, en costume d’apparat, couronne en tête, brillaient comme des astres. Les princes et les princesses tenaient les livres saints. Cette riche décoration recouvrait les quatre parois.

Le plafond, peu élevé, s’appuyait sur les quatre murs et était tout resplendissant d'or. Au milieu, brillait une croix en verre de couleur verte. L'empereur, sa femme, et les enfants, levaient les mains vers le signe victorieux. Autour, étaient inscrites les paroles d’actions de grâce prononcées par les parents et leurs enfants. Les parents disaient : « Nous te remercions, Dieu très bon, Roi des Rois, de nous avoir entourés d'enfants qui te remercient de tes bienfaits. Garde-les selon ta volonté. Qu'aucun d'eux ne vienne à transgresser tes commandements, afin qu’en ceci encore nous rendions grâce à ta bonté. » Les paroles des enfants étaient ainsi conçues : « Nous te remercions, Verbe de Dieu, d’avoir tiré notre père de la pauvreté de David, et de l'avoir oint de ton Esprit. Garde-le, ainsi que notre mère, par {a main, en les jugeant dignes ainsi que nous du royaume céleste ». « Telles étaient les merveilles de ce lieu ! ».

Ainsi, la nouvelle construction de Basile Ie se composait

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