‹ Le Grand Palais de Constantinople et Le Livre des CérémoniesChapitre 81 sur 145 · Theoph. Cont., V, 89, p · texte numérisé non relu

Theoph. Cont., V, 89, p

-LES CONSTRUCTIONS DE BASILE: LT : r 129

d'une salle d’apparat en forme de basilique, terminée à l'est par une abside, et d’une chambre carrée. La salle d’apparat communiquait avec les appartements impériaux au sud du Chrysotriclinos.

Après la réceplion de la princesse Olga au triclinos de Justinien, l'impératrice Hélène, s'élant levée de son trône, passa par le Lausiacos et le Tripetôn et-pénétra au Kénourgion, d'où elle entra dans-sa chambre {xoré). La princesse russe avec sa suite suivit le même trajet. Elle passa par le Justinianos, le Lausiacos et le Tripetôn, pour entrer au Kénourgion où elle s'arrêta un instant. Puis, elle fut introduite du Kénourgior auprès de Constantin VIT, de l'impératrice et de leurs enfants!, De même, quand, après la naissance du prince, les femmes des dignitaires allaient féliciter l’impératrice, elles étaient introduites du Kénour-. gion dans la chambre de la souveraine ?. Du Tripetôn, c’està-dire du vestibule situé à l’ouest du Chrysotriclinos, on entrait directement au Kénourgion, d'où l’on avait accès à la chambre de l’impératrice, qui se trouvait sur le côté méridional du Chrysotriclinos. Mais cette chambre ne semble pas pouvoir être identifiée avec la chambre carrée attenante au Kénourgion. Cette dernière faisait probablement partie des appartements de l'empereur.

Ainsi, Basile [°" compléta les appartements au sud de la salle du trône par ces deux magnifiques salles étincelantes de marbres et de mosaïques, où la peinture d’histoire évoquait les exploits et la puissance du grand empereur {.

lACer:, 11:15; p- 596:

2Cer., Il, 21, p.618.

3. Le .kiton carré et la salle d'apparat (Red ou Kamel ov tpxtvos) avoisinaient le Tripetôn, l'entrée occidentale du Chrysotriclinos. On pénétrait aussi, il est vrai, dans la chambre de l'impératrice en passant par le Kénourgion ; mais on y avait aussi accès du Chrysotriclinos, par le rideau, qui se trouvait sur le côté droit de la salle, vers l'Orient (v.-plus haut, p. 85 n. 2, 90). La chambre de l’impératrice:se serait ainsi trouvée au sud-est de la salle du trône, tandis que le Kénourgion était situé sur le côté sud-est de la même salle. :

4. D'après le Continuateur de Théophane, le Réel se, composait

Ba Nouvelle-Église.

Outre ces somptueuses demeures, Basile I éleva au palais un sanctuaire, la Nouvelle-Église (4 Né), solennellement inaugurée le 1° mai 881 ! (pl. 44). Le patriarche Photius, qui présidait la cérémonie à laquelle assistait l’empereur, prononça, à celle occasion, une homélie où il célébrait la beauté et la magnificence de cet édifice, resplendissant au palais comme un astre?. L’église était consacrée à la Vierge etau Christ, mais en même temps au prophète Elie, à l'archevêque Nicolas et aux archanges Michel et Gabriel ?.

Le toit de l'édifice était composé de cinq coupoles recouvertes à l'extérieur de bronze brillant comme l’or et à l'intérieur de mosaïques à fond d’or . Dans la coupole cen-

d’un kiton et d’un triclinos.On y avaitaccès du bâtiment construit par Théo-

phile à l'ouest du Mousicos (Theoph. Cont., INT, 43, p. 146-147). Le triclinos ‘à quatre chambres, qui était voisin du Camilas, avait vue aussi sur le Lausiacos (Theoph. Cont., III, 44, p. 147). Les constructions de Théophile n'étaient donc pas éloignées du Lausiacos et du Kénourgion. Labarte, Palais, p. 77 s., 160, a placé avec raison le Kénourgion (pl. IE, n° 102) sur le côté sud du Chrysotriclinos; mais la forme et l'orientation qu'il lui donne ne sont pas exactes. La salle d’apparat avait la forme d'une basilique avec une abside à l’est. Il a eu tort de placer la salle à manger (n° 100) entre le Kénourgion et le Tripetôn ; du Tripetôn, on avait directement accès au Kénourgion. Paspatis, "Avéztopa, p. 177-178, n’a pas distingué le triclinos du kiton. Sur son plan (n° 13) il adopte la même disposition que Labarte.

1. Sym. Mag. post Theoph. Cont., p. 692; cf. Photius, Hormélies, ed. S. Aristarchis, t. II, Constantinople, 1901, p. 425.

2. Photius, Homélies; t. II, p. 428 s.; Leo Grammat., p. 258.

3. Ibid., p. 430; Theoph. Cont., V, 83, p. 325; Cedrenus, t,. II, p. 223; Luitprand, Antap., I, 10 ; IT, 34, Mon. Germ. Hist. Script., t. III, p. 277, 310; Itinér. russes en Orient, t. V, p. 98 ; M. Glycas, Ann. IV, p. 549. La fête de Nicolas, archevêque de Myra,en Lycie, tombait le 6 décembre. Il était surnommé 6 êv iepépyaus rowtetwy (Theoph. Cont., loc. cit.), ou iesozovË ou ratpoxopupatos (N. Nilles, Kal. Man., t. I, p. 347 ; Synax. Eccles. Const., p. 281, 284; Dmitrievskij, Opisanie, t. I, p. 29).

4. Theoph. Cont., V, 84, p. 326. Comment étaient disposées les quatre coupoles secondaires autour de la coupe centrale? Étaient-elles placées aux quatre coins de l'édifice ou recouvraient-elles les bras de la croix? Le texte ne donne pas une réponse certaine à cette question. Cf. G.Millet, dans Revue archéolog., &. V (1905), p. 106-107 ; J. Strzygowski, Kleinasien, Leipzig, 1903, p. 138, 193 ; O. Wulff, Die Koimesiskirche in Nicaea, Strasbourg, 1903, p. 134, n. 3.

trale resplendissait le Christ. « On dirait qu’il surveille la terre, qu'il en médite l'ordonnance et le gouvernement, tant l’artiste a su exprimer par des formes et des couleurs la sollicitude de l’ordonnateur du monde, » Autour, dans les zones concentriques, la cohorte des anges doryphores montait la garde autour du Seigneur. Dans l’abside, brillait l’image de la Vierge Orante. Un chœur d’apôtres, de martyrs, de prophètes et de patriarches complétait la décoration figurée de l’église !.

Les murs étaient recouverts de marbres polychromes?. Le sol, pavé de marbre, semblait recouvert de tissus de soie ou d’étoffes de Sidon ; les plaques, aux couleurs variées, étaient entourées de zones de mosaïques, représentant des animaux et des figures diverses’. Dans le sanctuaire, enrichi d’or, d'argent, de pierres précieuses et de perles était dressée la sainte table, d'une composition plus précieuse que l’or et surmontée d’un ciborium, soutenu par des colonnettes., Le cancel (xyxM5e) séparant le sanctuaire du reste de l’église, avec ses portes, ses colonnes et ses linteaux, était aussi en argent, rehaussé d’or, de pierres précieuses et de perlesi. Au-dessus des portes, Antoine de Novgorod, en 1200, vit la croix de Constantin et dans l’iconostase, incrusté, le bouclier du même empereur °.

Un atrium précédait l’église. Les plaques de marbre, qui le recouvraient, charmaient l'œil par leur blancheur et par leur régularité, et le sol semblait formé d’une seule pierre

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