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La Cour de pierre, en haut

. Le Grand Palais du Kremlin (Vue prise du pont de pierre).

lies Edifices du Palais au Kremlin de JVIoscou.

Aperçu historique.

Selon toute vraisemblance il existait des premières constructions de palais, au Kremlin, dès le milieu du XH-e siècle.

Ces constructions se trouvaient entre l’église de «la Nativité de St. Jean Baptiste 1 et l’endroit où est actuellement la tour de Borovîtski, c’est-à-dire juste en face du palais des Armures.

C’était, à cette époque, l’endroit le plus élevé du Kremlin, formant un promontoire escarpé 2 au confluent de la Moskova et de la Néglînnaïa. Il était couvert d’une épaisse forêt, dans laquelle on prit les bois des premières constructions.

On ne trouvait naturellement pas, dans ces premières constructions, la magnificence que nous sommes habitués à associer avec l’idée d’un palais; ce n’étaient que de petites demeures en bois, servant d’abri provisoire aux Princes.

1. Ce fut la première en date des églises de Moscou; elle se trouvait à 120 pas de la porte de Borovîtski, quand on se dirige de cette porte vers l’angle du Grand-Palais du Kremlin. Comme elle masquait la vue du Grand-Palais récemment achevé, on la démolit en 1847.

2. Ce promontoire, nivelé au cours de sept siècles, finit par être entièrement plan lors de la construction du Grand Palais.

Au XlII-e siècle, quand les Princes se fixèrent à Moscou, le vieil emplacement au versant de la colline du Kremlin parut petit. 11 fallut transporter plus loin, à l’ouest, la Cour Grand- Ducale, (Dvor) et on y construisit la seconde église de Moscou, celle du Sauveur-dans-la Forêt (Spass na boroiï).

Au XlV-e siècle, le grand-duc Ivan Danîlovitch Kalita (1328 1341) agrandit notablement sa Cour. A la place de

l’église en bois du Sauveur-dans-la-Forêt, il en fit élever une en pierre, et transporta auprès d’elle le couvent du village de Danîlovo. La vie presque monacale de ce Prince fait présumer que son palais n’était encore ni vaste ni somptueux.

A la fin du XlV-e siècle, et au début du siècle suivant, sous Dimitri loânnovitch Donskoï (1363 1389) et sous son

fils Vassili Dimîtriévitch (1389 — 1425), le palais grand-ducal était déjà beaucoup plus grand et se signalait par une certaine magnificence. Le Térern de la Berge (Belvédère) eut un toit doré et, dans la cour, le grand Duc Vassili Dimîtriévitch fit placer une horloge à sonnerie.1

A l’entrée de la demeure du Prince fut bâtie l’église en pierre de l’Annonciation et dans ses appartements la Princesse en eut une autre, également en pierre, et «très merveilleuse», au dire des contemporains, sous le vocable de la Nativité de la Vierge. Les dimensions du Palais de cette époque sont déterminées par l’emplacement de ces deux églises, qui existent encore.

Le Palais ne consistait pas en un grand édifice unique, mais, comme toutes les anciennes demeures des grands-ducs et des

1. Le mécanisme de cette horloge était si merveilleux que les Annales relatent que le maître artiste qui la fabriqua, du nom de Lazare, fut payé plus de 150 roubles pour son œuvre mirifique.

boyards, il se composait d’un groupement de petites maisons, reliées entre elles par des galeries extérieures.

L’aspect général présentait un tableau extrêmement divers et pittoresque avec ses toits, ses échauguettes de différentes formes et de différentes grandeurs, ses tourelles, ses terrasses, ses petits escaliers et ses passages.1

Le Palais de Koloménskoïé (XVII— XVill-e siècle).

Au premier étage du Palais se trouvaient les pièces de réception, tandis que le Prince et sa famille occupaient les étages supérieurs, les Térems ou Combles. Le rez-de-chaussée (exactement la sous-cage) était destiné aux personnes qui formaient la maison du Prince.

1. Il est certain que le palais du Kremlin, dans la première moitié du XV-e siècle, ressemblait extérieurement aux palais de bois du XVII-e siècle, dont celui du tsar Alexis Mikhaïïovitch, à Koloménskoïé, démoli en 1767, était un merveilleux échantillon. (Gr. 3.)

Le Palais du Kremlin avait au XV-e siècle, malgré sa beauté et son luxe relatif, un caractère en quelque sorte rustique, comme du reste tout le Kremlin, dont les constructions, sauf les murailles d’enceinte et les quelques églises, étaient en bois. Il n’y avait aucune grande et majestueuse construction. Il y avait des églises cathédrales, mais elles étaient petites et étroites. Le Kremlin conserva son aspect d’ancienne ville de bois, foncièrement russe, jusqu’à la fin du XV-e siècle, c’est à dire jusqu’au règne du grand-duc Ivan III (1462—1505). Quand il eut épousé Zoé Paléologue (Sophie), fille de l’Empereur de Bysance, et entièrement secoué le joug tartare, ce prince se mit en devoir de créer une capitale qui répondît par son aspect à la grandeur et à l’importance d’un Autocrate russe. Il fit, dans ce but, venir d’Italie des architectes en renom, et, à leur arrivée, la complète destruction du vieux Kremlin de bois commença. Il fut remplacé par de magnifiques édifices en pierre. On reconstruisit en premier lieu l’église de l’Assomption et les murailles de l’enceinte.

La réfection du Palais commença par la construction que dirigea, en 1484, l’architecte italien Marco, d’un palais en briques situé entre la cathédrale de l’Archange Michel et celle de l’Annonciation. Ce palais était destiné à renfermer le trésor du grand-duc. Sur l’emplacement du térem de Dimitri Donskoï, on édifia, en pierre également, le Palais de la Berge.

En 1491, le même architecte franc , 1 Marco, acheva de construire, avec Pietro Antonio, le Palais à Facettes.

En 1492, le grand-duc se transporta avec toute sa famille dans le domaine du boyard Patrikéiev, situé sur l’emplacement

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