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Étranger

du premier Palais des grands-Ducs, près de l’église de la Nativité de St. Jean Baptiste, et il fit démolir son vieux palais de bois pour en construire un de pierre.

Tandis qu’on construisait un autre palais à l’Est, derrière la cathédrale de l’Archange, et que le grand duc se disposait à y venir habiter, un effrayant incendie, tel qu’on n’en avait jamais vu et qui «commença à s’allumer en plusieurs endroits à la fois» détruisit le palais et toute la ville (1493). Cet évènement retarda de beaucoup la construction du nouveau Palais et Ivan III ne le vit pas achevé. Le palais ne fut prêt qu’en 1508, trois ans après sa mort.

Ce Palais fut bâti, sauf, comme il a été dit, le Palais de la Berge et le Palais à Facettes, par l’architecte Aleviso, et il conserva les traits caractéristiques des ancienes demeures grand-ducales.

Les constructions d’Ivan III modifièrent complètement l’aspect du Kremlin. Fortifié d’un double rang, et par endroits d’un triple rang de murailles, avec des meurtrières, des tours des ponts-levis, des herses, orné de magnifiques cathédrales à coupoles dorées, et embelli par un superbe palais, le Kremlin devint, à dater de ce règne, l’ornement et l’orgueil de la Russie, digne emblème de sa grandeur et de sa force.

Pour le Palais lui-même, il devint le prototype de toutes les constructions qui suivirent. Des traits de son architecture sont même visibles aujourd’hui dans le Grand Palais actuel. 1

1. Les fenêtres cintrées du rez-de-chaussée de ce palais correspondent aux arcades d’Aleviso, qui ne furent démolies que lors de la reconstruction faite par l’architecte Ton. La terrasse extérieure actuelle correspond aux anciens passages extérieurs. Le Palais à Facettes et l’étage inférieur du Palais du Belvédère [Térem] existent encore. On peut juger par ces parties conservées de la grandeur et de la beauté de l’ensemble.

Après le règne d’Ivan III, jusqu’à la fin du XVII-e siècle, le Palais du Kremlin, tout en gardant les traits fondamentaux de la construction première, s’étendit et s’embellit sans cesse, suivant l’accroissement de richesse et de force du royaume de Moscou. On fit dans cette période beaucoup de modifications. On agrandit les anciennes demeures et on éleva de nouveaux édifices.

Plus d’une fois le palais fut détruit par l’incendie en même temps que tout le Kremlin et toute la ville. Mais il renaquit toujours de ses cendres, plus vaste et plus beau. Sous le Tsar Ivan le Terrible (1533 — 1584), le Palais brûla deux fois presque entièrement, en 1547 et en 1571.

En 1560, on édifia une habitation particulière pour les enfants des Tsars et une église dédiée à la Purification. L’une et l’autre, soutenues sur des étais en bois, furent bâties en porte-à-faux sur la pente de la colline, derrière le Palais de la Berge.

Sous Ivan le Terrible, les murs de la Salle d’or (qui aujourd’hui n’existe plus) furent couverts de fresques célèbres à sujets religieux. (Voir p. 37.)

Le Palais s’agrandit et s’embellit particulièrement à la fin du XVI-e siècle, pendant la régence de Boris Godounov. C’est à cette époque, que le Palais à Facettes et son Vestibule furent ornés de fresques, sur des motifs religieux, et qui formaient la base de la décoration contemporaine.

Durant une famine, Godounov, déjà devenu Tsar, entreprit, «pour venir en aide au peuple», la construction — sur l’emplacement de la demeure des enfants d’ivan le Terrible — d’un énorme édifice en pierre, à deux étages, «le Palais de Réserve». Il fit élever pour lui-même sur cet édifice des appartements

en bois, remplacés dans la suite par le Palais du faux Démétrius, puis par celui de Vassili Chouïski.

Pendant la Période des Troubles, quand les Polonais s’installèrent au Kremlin, le Palais des Tsars fut affreusement dévasté. Les trésors furent pillés, tout ce qui pouvait servir de bois de chauffage fut mis au feu. Tout y passa: toitures, planchers, portes, fenêtres, bancs, linteaux; en sorte que le Tsar Michel Féodorovitch, nouvellement élu, ne savait où se loger. D’après un vieux texte, il ne prit «à Moscou, sa capitale, que les murs, et encore étaient-ils détruits.»

Petit à petit, durant tout son règne (1 61 3 — 1 645), Michel Féodorovitch remit en ordre son Palais, l’embellit et l’agrandit. En 1635-1636, il bâtit le Palais des Térems et l’église du Sauveur-en-Haut (Verkhospâsskaïa) qui, l’un et l’autre existent encore.

Le Tsar Alexis Mikhâïlovitch (1645-1676) reçut le Palais en parfait état; aussi, pendant son règne, n’y fut-il fait aucune construction importante. Le Tsar n’eut qu’à transformer et embellir les bâtiments qui existaient. A ce point de vue des innovations remarquables survinrent.

En ce temps-là, beaucoup de changements se produisirent dans la manière de vivre du Tsar, qui pendant la campagne de Pologne, s’était familiarisé avec la vie étrangère. Cette connaissance nouvelle se manifesta dans l’arrangement du Palais. Des artistes et des ouvriers, venus de Pologne, le décorèrent avec un luxe inconnu jusque là en Russie. Les murs furent recouverts de cuirs ouvrés et dorés. Les plafonds reçu-

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