La Salle St-André
Sur la droite du trône Impérial se trouve le trône de l’Impératrice-Mère, et à sa gauche celui de l’Impératrice Alexandra Féôdorovna. Aux dossiers des trônes se voient les initiales de Leurs Majestés.
Au dosseret et au plafond du dais se trouve le symbole du Pouvoir Souverain, les armes Impériales de Russie. Sur le mur, au-dessus du dais, les mêmes armes. Sur les côtés, des aigles à deux têtes avec la croix de St-André sur la poitrine. Sous l’arc de la voûte, l’Œil-du Tout-Puissant, dans un cercle de rayons d’or.
Les chapiteaux des dix piliers dorés sont ornés d’insignes de l’Ordre, et les portes dorées le sont de chaînes et d’étoiles du même Ordre.
Des étoffes, de la couleur du ruban de St-André, revêtent les murs qui sont aussi ornés des chaînes et des croix particulières à cet Ordre.
Au-dessus de la porte qui ouvre dans la salle St-Alexandre, chiffres des Empereurs Pierre I-er, fondateur de l’Ordre, Paul I-er, qui en rédigea les statuts et Nicolas 1er qui fit construire la salle en l’honneur de l’Ordre.
Au-dessus des fenêtres, armoiries des gouvernements et des provinces de Russie.
A remarquer deux cheminées en jaspe gris-violet, pierre tellement dure que le travail seul en a coûté 7.000 roubles L Elles ont été faites à la manufacture russe de Kolyvâne, (gouvernement de Tomsk).
Dans cette salle, comme dans les autres salles de trône, il n’y a aucun meuble.
1. Ce jaspe provient de Sibérie; il est exploité sur les rives du Korgone, (gouvernement de Tomsk).
Le parquet est pareil à ceux des salles précédentes.
La salle est éclairée par deux rangs de fenêtres, au nombre de vingt.
Le soir, on allume dix lustres en bronze (sur les cercles desquels sont gravés des aigles Impériales et les insignes de l’Ordre), et 35 bras aux murs; en tout 2.095 lampes électriques. Sur le mur intérieur qui fait face aux fenêtres, portes et fausses fenêtres ornées de glaces.
Les jours de grand cérémonial, les pouvoirs militaires se réunissent dans cette salle.
Au temps d’Ivan III s’élevait ici le palais de sa femme, la princesse Sophie Fomînichna; (Palais de la Berge).
Près de la salle St-Alexandre, s’élevait de 1560 à 1809, la cathédrale de la Purification, église à cinq coupoles dont un autel était consacré à St-Nicolas-le-Thaumaturge.
Au sud de cette cathédrale, se voyait un édifice en pierre, le Palais de Réserve, appelé au XVIII-e siècle la Cour de V Intendance militaire.
Sur le toit de ce palais, sur l’emplacement du palais détruit du faux Démétrius, fut planté le Jardin Haut de la Berge. Il avait la forme d’un f;
un mur en pierre, de 109 travées, orné de deux pavillons, l’entourait.
En 1681, on y creusa une pièce d’eau qui fut revêtue de plomb.
L’eau y fut conduite «par l’art subtil- d’un Anglais, Chr. Halowey, lequel, en 1633, sous le Tsar Michel Féodorovitch, amena l’eau dans tous les réservoirs du palais. C’est sur cet étang que le futur Pierre le Grand apprit à naviguer sur un tout petit vaisseau.
Il y avait dans le jardin six serres que chauffaient des poêles en faïence vernissée. En été, des réseaux en cuivre préservaient ces serres des incursions des oiseaux.
Le Palais de Réserve fut démoli en 1770.
Salle des Chevaliers-gardes ou salle de Piquet.1
(Kci valergârdskaïa ou Pikétnaïa).
Dans cette salle se tiennent, lors des couronnements, les chevaliers-gardes de faction.
Les murs sont en stuc imitant le marbre blanc. La cheminée est en marbre de Carrare, ornée de cariatides et de sculptures. Dessus, une pendule en bronze.
Les portes sont en platane du Caucase. De dessin uni, elles sont assemblées sans colle et peuvent se démonter.
Le tableau de Svertchkov suspendu au mur a pour sujet: Le Tsar Alexis Mikhâïlovitch se rendant à une revue.
Anciennement, à l’Ouest de cette salle, se trouvait la tour Kolymâjnaïa ou Guérbovaïa (la Tour des Carrosses ou la Tour aux Armoiries). Elle a été démolie en 1809 (Gr. 7).
Salle Sainte-Catherine2 (Gr. 16).
(Ekatérininskciia zâla).
Cette salle est la salle du trône de l’Impératrice en tant que Grande-Maîtresse de l’ordre de Ste Catherine.
L’Ordre a été fondé le 24 Novembre 1714. Il commémore le fait que Pierre le Grand, en 1711, échappa aux Turcs à la bataille du Prouth. En mémoire de cet heureux événement, les dames décorées de l’Ordre sont tenues de «racheter de leurs deniers un chrétien se trouvant sous le joug barbare.»