César, Guerrt des Gnulrs, 1. II. ch. xxili
de l'armée et les alliés prirent la fuite. A l'aspect du désordre qui régnaitchez les Romains, les cavaliers trévires, que leur cité avait envoyés à César comme auxiliaires, désespérèrent de son armée, et, prenant la route de leur pays, allèrent annoncer chez eux que les Romains avaient été repoussés et vaincus, et que leur camp ainsi que leurs bagages étaient au pouvoir des Nerves. Les Romains furent exposés à un grand péril. Alors César arrache à un soldat son bouclier et combat à la première ligne. Son aspect relève le courage des soldats : chacun fait preuve de zèle dans cette extrémité. La jonction des deux légions de l'aile droite s'opère, des secours arrivent; Labiénus paraît avec une légion. Les Nerviens séparés de leurs alliés, entourés de toutes parts, ayant le sort contre eux, combattent avec autant d'héroïsme que lorsqu'il fut pour eux et lorsqu'ils se croyaient vainqueurs : du haut des monceaux de cadavres des leurs ils se font tuer presque jusqu'au dernier homme. Après la bataille, le nombre de leurs sénateurs se trouvait réduit de six cents à trois seulement et leurs combattants de soixante mille à cinq cents 1 , nombre sans doute exagéré par l'auteur ou les auteurs des Commentaires de César. A la suite de cette désastreuse bataille les Nerviens, les Atrébates et les Véromandues furent bien obligés de reconnaître la suprématie romaine. Les Aduatiques, descendants des Cimbres et des Teutons, arrivèrent trop tard sur le champ de bataille : ils retournèrent chez eux, se retirèrent avec tout ce qu'ils possédaient dans une seule place, admirablement fortifiée
t. César, Guerre de* Gaules, i. Il, ch xxviii.
par la nature (Namur ou Falais). Mais, frappés des engins de guerre dont les Romains menaçaient leurs murailles, ils demandèrent à traiter de la paix, tout en ne voulant pas être dépouillés de leurs armes. César au contraire en demandait la remise; ils firent semblant d'obéir mais en gardèrent un tiers. Ensuite ayant fait une sortie de nuit, ils furent repoussés et cinquantetrois mille d'entre eux furent vendus à l'encan comme esclaves. Tous les Aduatiques ne furent pas vaincus et pris à cette occasion, car plus tard César en parle encore et il en resta qui surent choisir le moment de la vengeance 1 . Les tribus maritimes éloignées, celles des Morins (l'Artois) et des Ménapes (Flandre et Brabant) seules, furent préservées de l'invasion romaine : il en était de même des peuples germains qui habitaient entre l'Escaut et le Rhin.
Le tour de la conquête vint aussi pour les tribus maritimes ou de TArmorique, qui possédaient les régions situées sur l'Atlantique et la Manche. Dans l'automne de l'année 57, Publius Crassus, le plus jeune fils du triumvir, fut envoyé comme lieutenant de César, dans la partie nord-ouest de la Gaule, avec une légion, ou cinq mille hommes. Toutes les tribus de la côte, depuis la Loire jusqu'à la Seine, furent soumises et donnèrent des otages. Pendant l'hiver de 57 à 56, des tribuns militaires furent envoyés chez les Vénètes, pour demander des subsistances. Les Vénètes étaient la nation la plus puissante de toute la côte maritime 2 . Ils avaient un