César, Guerre des Gaules, 1. II, ch. y
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ordre pour regagner leurs foyers, il pourrait les poursuivre et les vaincre séparément. Le roi Galba, ensuite, n'était point un homme d'une trempe assez forte pour pouvoir conduire et maintenir une armée de près de trois cent mille hommes. Les Bellovaques étaient jaloux des Suessionsqui avaient obtenu le commandement en chef, et quand ils apprirent que les Édues comme alliés des Romains allaient envahir leur territoire, ils engagèrent leurs confédérés à retourner en masse dans leurs foyers. L'inhabile commandement pendant la retraite occasionna du désordre, dont César profita pour détruire bon nombre d'ennemis, et quand il envahit enfin les territoires occidentaux des Belges, chaque peuple l'un après Pautre se crut perdu : tels les Suessions, les Bellovaques et les Ambiens. Les villes ouvraient leurs portes lorsque leurs habitants aperçurent les machines extraordinaires, les tours mobiles qui s'avançaient contre leurs murs ; quiconque ne voulait point se soumettre au joug étranger, cherchait un asile au delà des mers, en Bretagne. Toutefois, le sentiment . national fut plus vif dans les provinces orientales. Une seconde coalition fut formée par les Véromandues, les Atrébates (vers Saint-Quentin), les Aduutiques et surtout par les Nerviens (dans le Hainaut); ses troupes s'assemblèrent sur la Sambre supérieure. Les Nerviens furent bien informés par des espions de tous les mouvements des Romains ; par leur connaissance des localités et au moyen des hautes et épaisses haies employées dans le pays, les confédérés pouvaient dérober à la vue des Romains leurs préparatifs et opérations de défense. Là aussi, sur la Sambre, César établit un camp. Il attaqua
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enfin les Nerviens : sa cavalerie, qu'il avait envoyée en avant, fut culbutée. Les six légions étaient encore occupées à fortifier le camp lorsque les Nerves les attaquèrent avec une telle promptitude, une telle furie, que les soldats romains eurent à peine le temps de changer la pioche ou la pelle contre le glaive, le javelot et le bouclier; ils durent combattre sans casque et à la place où ils se trouvaient, sans ligne de bataille, sans plan, sans commandement réel. Les légions étaient séparées les unes des autres par des haies épaisses, formées de jeunes arbres courbés, dont les branches, horizontalement dirigées, et entrelacées de ronces et d'épines, formaient de véritables murs de verdure qui servaient de retranchements à l'ennemi et à travers lesquels on ne pouvait ni pénétrer ni même voir. Au lieu d'une bataille, ce ne fut qu'une innombrable série de petits combats isolés. Labiénus, guerrier brave et distingué, qui commandait l'aile gauche, fit lâcher pied aux Atrébates qu'il poursuivit jusqu'à la rive opposée du fleuve. Le centre romain avait mené battant les Véromandues, depuis une hauteur où ils étaient, jusque sur les rives mêmes de la Sambre. • Mais ces mouvements du centre et de l'aile gauche de l'armée de César, avaient laissé le camp presque entièrement à découvert : l'aile droite se composait de deux légions ou 10,000 hommes. Ce fut sur ce point que se portèrent, en masses très-serrées, tous les Nerviens conduits par Boduognat (fils de la Victoire), leur général en chef 1 . Les uns enveloppèrent les légions par le flanc découvert, les autres gagnèrent le haut du camp; les valets