‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 111 sur 289 · Dion Cassius, 1. XXXIX, ch. xxvu · texte numérisé non relu

Dion Cassius, 1. XXXIX, ch. xxvu

2. /</., 1. XXXIX, ch. xxxi, xxxn. — Appien, Gcnvrs rivihs, I. Il, cli. xvu, xviu. — Plutarque, Vie de Cnton min., ch. xlii.

non les Gaules, mais la Macédoine et la Syrie, les provinces de Pisonet de Gabinius, qu'ils avaient obtenues comme récompense de leur coopération à son exil et comme instruments des triumvirs qu'il détestait au même degré qu'ils étaient inaccessibles. C'est ainsi qu'il pensait se venger de son premier exil et ensuite en éviter un second. Ses désirs ne furent accomplis qu'à moitié; César ne perdit point ses provinces; Gabinius n'eut point de successeur; Pison, beau-père de César, seul en eut un. Cicéron parlait en faveur des triumvirs parce qu'il redoutait les menées de Clodius.

Les tourmentes continuaient toujours. Si la noblesse fut incapable de nuire à ses ennemis, elle voulut au moins leur préparer une mortification, et cela conduisit à un nouvel intermède : elle attaqua, à l'exemple de Cicéron, les patrons trop bien cuirassés dans la personne de leurs clients. L. Cornélius Balbus avait été fait citoyen romain par l'entremise de Pompée; il était en ce moment favori de César et prœfectus fabmm dans son armée, au moins nominativement, car il vivait à Rome la plupart du temps. Un habitant de Gades, qu'on avait gagné par la corruption, accusa Balbus de s'attribuer illégalement le titre de citoyen romain. Crassus, Pompée et Cicéron, à l'instigation de ce dernier, prirent sa défense, et ainsi Cicéron se fit bien venir des deux plus puissants des triumvirs , et surtout de Pompée, puisqu'àune époque où César le menaçait de l'éclipser, il rappelait ses triompbes à l'ingrate Rome. Balbus fut reconnu comme citoyen par les juges.

En présence d'une telle expression de sentiments hostiles, César de son côté devait d'autant plus travail-

1er à ce que les comices consulaires eussent le résultat désiré; par là, Pompée recevait une garantie de son élection. Toutefois, depuis le retour de M. Caton de l'île de Chypre qu'il avait été chargé d'enlever au roi Ptoléméeà l'instigation de Clodius, les espérances semblaient se troubler. Après la défection de Cicéron, l'aristocratie jeta surtout les yeux sur Caton : elle le destinait, par son zèle républicain, à donner un nouvel essor à ses affaires; ensuite à faire agir, ou au moins à faire voter pour elle, le consul Marcius Philippus pour qu'il ne contrariât pas son collègue Lentulus Marcellinus. Mais Caton 1 avait perdu en mer ses comptes et ses papiers, et Clodius, en ce moment ami des triumvirs (parce que Pompée, pouvait comme consul lui être utile en Asie dans ses demandes d'argent), fit un devoir à Caton de produire ses comptes. Or Clodius fut encore guidé et fortifié par César dans cette circonstance, comme il l'avait guidé et soutenu dans tant d'autres, à quelque grande distance qu'il fût de Rome 2 . On était même allé jusqu'à faire savoir à César l'agréable nouvelle que Caton se serait fâché avec Cicéron, qui aurait déclaré les lois de Clodius de Tannée 58, et par conséquent aussi les procédés envers Ptolémée, comme illégaux. Par de semblables démêlés particuliers, le défenseur de la République ne fut que d'autant plus poussé à se vouer à son service. Les candidats pour le consulat se retirèrent, à l'exception de L. Domitius ^Enobarbe, mari de Porcia, sœur

Page 1