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mander la paix, devaient à leur tour être soumis, et, à cet effet, il fit marcher son armée contre eux. Sachant par l'expérience de leurs compatriotes qu'on ne pouvait pas lui résister en bataille rangée, ils se retirèrent dans les bois et les marais dont leur pays était couvert. Leur tactique fut de surprendre l'ennemi et ils y réussirent. César eut des revers et ses ennemis mirent leur confiance dans les rigueurs de l'hiver. Le généralissime fut bientôt forcé de terminer la campagne. Il conduisit sa troupe à l'ouest au-delà de la Sequana (Seine), chez les Lexoves (le Lieuvin) , en Normandie, où elles hivernèrent.
Après la réunion de Lucques, les ennemis de César se montrèrent cependant plus déterminés qu'on ne s'y était attendu. A son retour de Sardaigne, Pompée les trouva très-animés. Quelque secrètes que fussent tenues les résolutions prises à Lucques, elles constituaient en elles-mêmes une nouvelle déclaration de guerre. Le parti conservateur écoutait, observait, et fit enfin de telle sorte que Pompée et Crassus dissimulèrent et allèrent même jusqu'à dire à leurs amis que leur intention n'était pas de se charger d'un second consulat. Ce ne fut plus César qu'on craignit, mais surtout Pompée. C'était en vain qu'on lui avait refusé la surintendance générale sur les aménages des subsistances et la commission relative à l'Egypte. Si, pour surcroît de malheur, il obtenait une province et une armée, et qu'averti par son sort après la guerre de Mithridate et soutenu par ses deux amis, il ne rentrait pas dans la vie privée, il était d'autant plus à redouter. Questionné par le sénat à l'effet desavoir s'ils rechercheraient le consulat, Pom-
HISTOIRK DE CÉSAR.
pée répondit : «Peut-être,» et Crassus, avec moins d'audace, dit qu'il ferait ce que demanderait le bien public ; Pompée ajouta en éludant, et en forme de menace, lorsqu'on lui demanda de s'expliquer plus catégoriquement : que s'il recherchait le consulat il ne s'adresserait qu'à des citoyens justes, et enfin il se permit même des invectives contre Lentulus Marcellinus. Le secret fut donc éventé et l'on pouvait aisément prévoir la conduite des candidats qui ne s'étaient point présentés à temps 1 . Ils empêchèrent les élections de l'année et manœuvrèrent en sorte qu'ils pussent accepter le consulat légalement après le passage d'un inter-roi. C'est entourée de violences que leur élection s'effectue ; c'est au moyen de la force et de la corruption qu'on fait arriver des amis et des créatures aux autres emplois publics 2 . Pompée simula de ne plus prétendre à rien ; mais le consulat fut pour lui un moyen et un but. Cicéron se déclara dans le sénat pour les triumvirs; lorqu'il s'agit de la distribution des provinces pour l'année suivante, Cicéron dit que César avait fait de grands exploits, qu'il n'avait point encore achevé son œuvre et qu'il ne fallait pas le rappeler de la scène sur laquelle il agissait. Il dît qu'il avait demandé, dans l'intérêt de la République, quinze jours d'actions de grâces aux dieux, la solde et dix lieutenants pour César. Dans les circonstances actuelles, disait-il encore, et toujours dans l'intérêt de la République, il demandait qu'on donnât aux consuls futurs,