‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 126 sur 289 · Plutarque, Vie de César, ch. xxn · texte numérisé non relu

Plutarque, Vie de César, ch. xxn

180 HISTOIRE DE CESAH.

amitié, ii leur fit une réponse bienveillante, et exigea qu'on lui amenât des otages. De leur côté, lesSicambres qui, du moment où Ton commençait à construire le pont, et sur l'avis des Usipètes et des Tencthères réfugiés chez eux, avaient tout préparé pour fuir, venaient d'abandonner leur pays, emportant tous leurs biens, et s'étaient retirés dans les déserts et dans les forêts 1 . Nous avons dit plus haut ce que fit Césarsur la rive droite du Rhin et combien de temps il y resta.

Pour surexciter toujours et de plus en plus letonnement et l'admiration de la populace romaine, de cette populace ignorante, irréfléchie, aussi facile à gagner qu'elle est oublieuse, il était indispensable pour César de précipiter les événements. Quoiqu'à son retour du Rhin, on fût en automne, il décida qu'on ferait une descente dans la lointaine Bretagne, que les Romains connaissaient si peu, jusqu'au point de douter si c'était une île 2 ou un continent, si elle appartenait à l'Europe ou à une autre partie du monde. César savait que les Bretons avaient fourni des secours à ses ennemis dans presque toutes les guerres contre les Gaulois. Si la saison ne lui permettait pas de terminer cette expédition, il pensait qu'il lui serait cependant très-utile de visiter seulement cette île, d'en reconnaître les habitants, les localités, les ports, les abords, toutes choses presque inconnues aux Gaulois. Ayant donc fait venir de tous côlés des marchands, il ne put rien apprendre de satisfaisant sur la Bretagne, rien que quelques vagues

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