César, Guerre des Gaule», 1. IV, ch. xvi
En face et en descendant, à la distance de quarante pieds, on en plaçait deux autres, assemblés de la même manière et tournés contre la violence et l'effort du courant. Sur ces quatres pieux (ou poutres), on en posait une de deux pieds d'équarrissage, qui s'enclavait dans leur intervalle et était fixée à chaque bout par deux chevilles. Ces quatre pilotis, réunis par une traverse, offraient un ouvrage si solide que plus la rapidité du courant était grande, plus elle consolidait cette construction. On jeta ensuite des solives d'une traverse à l'autre, et on couvrit le tout de fascines et de claies. De plus, des pieux obliquement fichés vers la partie inférieure du fleuve s'appuyaient contre les pilotis en forme de contre-forts et servaient à briser le courant. Enfin d'autres pieux étaient placés en avant du pont, à peu de distance, afin que, si les barbares lançaient des troncs d'arbres ou des bateaux pour abattre ces constructions, elles fussent ainsi protégées contre ces tentatives inutiles et que le pont n'en eut point à souffrir 1 . » Ce pont pouvait avoir de quatre cent cinquante à quatre cent quatre-vingts mètres de longueur : car il était construit dans la saison de Tannée où le Rhin est le plus bas : Plutarque et César rapportent que ce célèbre pont fut bâti en dix jours 1 .
César fit passer l'armée, et laissant une forte garde à chaque tête de pont, il marcha vers le pays des Sicambres. Ayant, pendant sa marche, reçu des députés de diverses nations, qui venaient réclamer la paix et son