Plutarquc. Vie de César, ch. xivili
sembler ses vétérans, dès qu'il le voudrait , plus aisément que Pompée ne réunirait de nouveaux soldats. Mais le sénat n'eut aucun égard à ses demandes, et ses ennemis refusèrent de mettre en marché le salut de la République 1 . César était persuadé qu'à Rome on avait le projet de lui enlever son armée, afin de l'abandonner à ses ennemis comme un simple particulier. M. Caton déclarait avec serment qu'il le citerait en justice, dès qu'il aurait licencié son armée; et l'on disait généralement que, s'il revenait sans un caractère public, il serait forcé, comme Miion, de se défendre devant des juges entourés de soldats armés 2 .
Après sa campagne de Tannée 51, César était resté à Nemetocenna (Arras) où ses amis l'instruisirent de ce qui se faisait et se disait à Rome. 11 semble qu'il ne craignait pas pour son avenir : il ne craignait pas la guerre, mais espérait dans la paix ; il espérait même dans sa durée, car ce fut vers cette époque qu'il fit bâtir auprès d'Aricie, au sud d'Albano, une maison de campagne, dont la construction et les ornements lui avaient coûté des sommes énormes. Celle maison, située auprès d'un bois consacré à Diane, bâtie dans son absence, lui déplut et il la fit démolir. C'était à Aricie qu'il voulait se reposer de toutes ses fatigues et jouir des plaisirs de la vie. S'il avait eu la crainte d'une rupture, il aurait employé autrement son argent. Cicéron croyait que César serait arrêté dans ses bâtisses , parce qu'Atticus lui redemandait cinquante talents (270,000 fr.)