‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 175 sur 289 · DESCENDANTS DE MARC-ANTOINE LE TRIUMVIR · texte numérisé non relu

DESCENDANTS DE MARC-ANTOINE LE TRIUMVIR

Marc-Antoine le Triumvir, fils d'Antoine le Crétois et de Julie, sœur de L. Julien César, consul en 64. Marié : l°àFadia; 2° à Antonia sa cousine germaine ; 3° à Fulvie et 4° à Octavie.

Antonia la cadelte, née vers 36, mariée à Drusus, frère de l'empereur Tibère.

Germanicus, marié à Agrippine, fille de M. Vipsanins Agrippa et de Julie, fille d'Auguste et de Scribonia.

Agrippine II, sœur de Caligula, fille d'Agrippine et mariée à Cn. Domitius /Enobarbe.

NÉRON empereur.

En Italie, César ne pouvait pas piller ainsi qu'il le fit pendant neuf ans dans la Gaule. Comme il avait un grand besoin d'argent, il voulut mettre la main sur le trésor public que les consuls avaient laissé à Rome. Le tribun du peuple Métellus voulut l'en empêcher, en disant que l'argent qui y était déposé, ne devait servir que pour certains cas réservés, et il s'appuyait, dans son dire, sur des lois rendues à cet effet. Mais César se contenta de lui répondre que le temps des armes était autre que le temps de la paix. « Si tu n'es pas satisfait de ce qui se fait ici, ajouta César, va-t'en; la guerre n'a que faire de l'opposition. Mais quand la paix sera revenue et que j'aurai déposé les armes, alors tu pourras revenir et bavarder devant le peuple. Et si je te dis ces choses, c'est

que je renonce dès à présent à mon juste droit; car, sache-le bien, ta vie est dans mes mains ainsi que la vie de tous ceux qui ont agi contre moi et qui sont tombés en mon pouvoir. » Après ces paroles il s'avança vers les portes du trésor, et comme on ne put en trouver les clefs, il fit venir un serrurier et lui ordonna de briser les serrures. Alors Métellus s'interposa une seconde fois, et, comme plusieurs personnes appuyaient ses raisons, César, plein de colère, le menaça de mort s'il ne cessait de l'importuner. « Tu sais bien, jeune sot, que j'ai plus de peine à le dire cela qu'à le faire exécuter 1 . » C'est un pareil langage que César tenait à un tribun, inviolable par la loi. Et qui, autre que César, avait travaillé à faire rendre aux tribuns l'action que Métellus exerçait en ce moment? On voit clairement qu'il avait fait réédifier le tribunat dans son intérêt personnel, et qu'à ce moment, où il le gênait, il en faisait bon marché.

Selon Pline 5 , César prit dans le trésor conservé dans le temple de Saturne, situé au pied méridional du Capitale et sur le Forum, 15,000 lingots ou livres d'or, 30,000 lingots ou livres d'argent, 40 millions de sesterces ou 8,400,000 francs, et 1,500 livres de laserpitium (thapsia silphium?), ou plante qui fournit le laser. Nous connaissons déjà assez le caractère de César pour admettre qu'il employa ces richesses pour en gorger ses créatures. C'est toujours le fait de tout nouveau parvenu au pouvoir, de corrompre encore davantage lescorrom-

1. Plularque, Vie de César, di. xxxv. — Appien, Guerre* civiles, I. II, ch. xli. — Dion Cassius, I. XLI, ch. xvn.

2. Pline, Histoire naturelle, 1. XXXIII, ch. (vxn) lU; — 1. XIX, ch. xti (m).

pus qui ont aidé ou qui aident à son élévation. César fait mention de l'intercession de Métellus *, mais il se tait sur la scène qui s'est passée devant la porte^du trésor. Ce fut un bonheur pour César que le tribun s'éloigna, car sa mort, comme l'apprit César 2 , eût été le signe d'un massacre général. Comment qualifier la conduite de l'omnipotent qui, selon son propre dire, était venu pour venger sur le parti de Pompée le mépris profond du veto tribunitien? Il était naturel que cette contradiction entre les paroles et les actes de César eût fait naître des craintes de proscriptions, comme l'histoire romaine en avait déjà vu. Il n'y avait cependant pas de vengeances à exercer sur les Romains d'Italie : ses ennemis se trouvaient au delà des mers. Et, comme dit encore Cicéron, sa politique personnelle devait le conduire à la douceur 3 . Autant que son but le permettait, il conserva l'apparence de la légalité. Respecter le veto de Métellus, c'était déposer les armes; ou il aurait fallu faire mainbasse sur la propriété particulière, ce qu'il osait beaucoup moins tenter que de prendre les fonds de l'État, pour lequel, disait-il, il combattait.

César n'avait point, à cette époque, le loisir de s'occuperdes affaires intérieures de l'État. Il rendit la liberté à Aristobule, roi des Juifs, auxquels César semble avoir montré, avons-nous dit, de la confiance et de l'amitié. Ce prince était l'ennemi de Pompée, et César voulait qu'il s'armât afin d'occuper Pompée en Orient. Quant

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