César, Guerre civile, 1. III, cli. cil
cents hommes d'infanterie et huit cents cavaliers. La flotte se composait de trente-cinq vaisseaux ; un des dix Rhodiens, commandés par Euphranor, échoua. Les autres bâtiments de guerre avaient fait partie de la flotte de C. Cassius Longinus, qui, revenant de Sicile par Corcyre, avait rencontré César en pleine mer. Il aurait pu le faire prisonnier. Mais ce niais, craignant la fortune de César, crut que celui-ci était à sa recherche. Aussitôt qu'il l'aperçut, il étendit les bras vers lui, lui demanda pardon , et lui remit sa flotte composée de dix vaisseaux 1 .
La conduite de Pompée, après la bataille de Pharsale, prouve qu'il ne reprit nullement sa présence d'esprit. Sa flotte était encore nombreuse, il aurait pu en rallier les divisions, la commander et reprendre l'offensive; ou bien se rendre en Afrique, où ses lieutenants et son allié Juba, roi de Mauritanie, avaient rassemblé une armée considérable 2 .
Quand César apprit que Caton avait évité Asinius Pollion, qu'il avait envoyé en Sicile, César envoya dans cette île Curion avec quatre légions. Ce dernier se dirigea immédiatement avec deux légions vers l'Afrique, où il remporta, dans le commencement, quelques avantages sur Attius Varus, et quelque insignifiants que fussent ces avantages, ils enhardirent Curion. Il commit la faute de se laisser entraîner dans le désert par Juba, qui s'était intimement lié avec Pompée ; Curion devint la victime de la ruse africaine. Juba avait prétexté un
1. Appien, Guerres civiles, I. II, ch. lxxxyiii, lui en donne 70 ; mais Suétone, Vie de César, ne parle que de 10, ce qui eat plus vraisemblable,