Appien, Guerres civiles, I. 11, ch. lxxxiii
rappel dans son pays ; il retourna brusquement sur ses pas, tandis que l'armée de Curion souffrait de la chaleur et de la soif, et il la détruisit. Le désordre et la confusion, immédiatement après la bataille si décisive de Pharsale, furent si grands, que Juba et les Pompéiens victorieux, qui s'étaient joints à lui, ne surent rien du résultat de la bataille que lorsque quelques fuyards, n'espérant point dans le pardon de César, ou le dédaignant, arrivèrent en Afrique. Pompée luimême s'était dirigé sur l'Asie, précisément dans les contrées où ses partisans s'étaient conduits de manière à ce que personne n'y fût disposé à se sacrifier pour lui. Son beau-père s'y était conduit, avant la bataille de Pharsale, de la manière la plus barbare et en vrai Romain. Tous les princes de l'Asie Mineure et autres étaient les débiteurs de Pompée, et cela pour des valeurs considérables : toute occasion de se libérer de leurs dettes leur était donc bien venue. C'est par ce côté que César sut les prendre : car il connaissait ces positions respectives. Il poursuivit donc Pompée personnellement, persuadé qu'il était que le fugitif ne trouverait nulle part un asile chez ses amis de Grèce, et d'Asie. Pompée évita l'Asie Mineure; à Rhodes on ne voulut même pas admettre ses amis ; sans la possession de la Syrie, la Cilicie et l'île de Chypre ne pouvaient être d'aucun avantage. Or, les autorités d'Antioche avaient rendu un décret public par lequel serait puni de mort quiconque laisserait entrer dans leur ville des amis ou des partisans de Pompée 1 .