‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 196 sur 289 · Ammien Marcellin, 1. XXII, ch. xi · texte numérisé non relu

Ammien Marcellin, 1. XXII, ch. xi

recevoir comme le maître du monde. La guerre d'Alexandrie occupa César pendant neuf mois 1 . A partir du mois de décembre, sa correspondance cessa même avec Rome. Enfin, il appela de Bithynie des légions à son aide. La guerre fut poursuivie avec un grand acharnement de part et d'autre. Dans une circonstance César fut obligé d'employer l'incendie pour sa défense, et, à cette occasion, une partie de la belle bibliothèque des Ptolémées fut anéantie. Dans un combat, César fut forcé de se retirer sur sa galère; mais comme beaucoup de monde s'y précipitait après lui, et que cette foule empêchait de manœuvrer et de s'éloigner de terre, prévoyant ce qui allait arriver, il se jeta à la mer et gagna à la nage les vaisseaux qui étaient restés plus loin*.

Une querelle s'était élevée entre Achillas et Arsinoé : la jeune princesse le fit tuer par Ganymède, un eunuque qui était son gouverneur et commandant de l'armée. A la fin les Égyptiens ne purent plus supporter le gouvernement d'une jeune fille et d'un eunuque : ils désiraient qu'on leur rendît leur roi 3 . César le leur rendit en effet. Mais le roi, savant dans l'art de feindre et ne servant plus d'otage pour les entreprises d'Arsinoé, commença par prier César, en pleurant, de ne pas le renvoyer : « Il lui serait moins doux, disait-il, de régner que de jouir de la présence de César. » Mais dès qu'il fut en liberté, il se mit à faire à César une guerre furieuse, de telle sorte

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