Plularque, Vie de Ckeron, ch. xxxix
décembre de l'année 47, plus tôt qu'on ne l'attendait 1 . Dans son voyage, partout où il passait, César se procurait sous des prétextes divers de fortes sommes d'argent. Il revendiquait les promesses faites à Pompée, extorquait des uns et des autres des valeurs considérables comme rançon pour rachat de torts envers lui. Il enleva aussi tous les présents sacrés du temple d'Hercule (Melkarth) à Tyr , sous prétexte que cette ville avait accueilli dans ses murs la femme et le fils de Pompée pendant leur fuite. Il se fit encore donner un grand nombre de couronnes triomphales parles princes et les rois; car il avait besoin d'argent pour son armée, pour ses triomphes projetés, pour les fêtes et les jeux qu'il avait l'intention de donner au public romain. En un mot, rapporte Dion Cassius, César était très-avide d'argent. Deux choses, disait-il, les soldats et l'argent, font obtenir, conserver et étendre le pouvoir ; Tune de ces choses constitue l'autre. Par des soins généreux on maintient l'espérance chez les soldats, et par les armes on arrive à la possession du pouvoir : si les uns font défaut, l'autre échappe 2 .
Nous avons dit que, pendant l'absence de César, il avait éclaté des troubles sérieux à Rome, suscités par la folle conduite de Dolabella, l'avidité de richesses d'un certain Amantius, ami de César, l'ivrognerie d'Antoine qui, mécontent de la maison de Pompée, l'avait modifiée et fait remettre à neuf, ce qui avait produit un mauvais effet dans le public 3 . Celte maison était modeste, comme celles des Grecs, qui méprisaient la vaine osten-