Plutarquc, Vie de Cé>ar, ch. li
tation : elle ne ressemblait pas aux habitations que les parvenus de l'époque avaient fait bâtir, Romains enrichis illicitement dans les troubles civils, à l'abri des lois pénales, ce qui n'en est pas moins immoral et odieux. De son côté, Antoine, chef de la cavalerie, avait toléré les folies de Dolabella, jusqu'à ce qu'enfin il apprit l'intrigue amoureuse de sa femme Antonia avec Dolabella, gendre de Cicéron. Antoine introduisit alors des troupes dans Rome, et huit cents plébéiens furent tués dont bon nombre furent précipités de la roche Tarpéienne.
A son retour en Italie toutes les âmes étaient asservies, tout était comprimé parla terreur 2 . César voulut gagner l'affection ou le silence de Cicéron. Lors de leur première entrevue, le dictateur l'ayant aperçu de loin, mit pied à terre, alla au-devant de lui, le salua, devança avec lui les personnages de sa suite et causa longtemps avec l'ancien consulaire 3 . Cette démarche était circonspecte. Il voulait, lui le puissant du jour, épargner à Cicéron de se justifier devant témoins. Il y a lieu de croire qu'il l'engagea à ne point se retirer des affaires publiques et à l'aider de ses conseils et de ses lumières. Il importait à César qu'un homme aussi considéré que Cicéron eût l'apparence d'appuyer le nouvel ordre de choses; et le dictateur réussit, car Cicéron reparut à Rome à la fin de l'année 47.
1. Tile-Live, Epitome, ch. cxm. — Dion Cassius, 1. XLII, ch. xxxn.— Plutarque, Vie d 1 Antoine, ch. ix.