Hirtius, Guerre d'Afrique, ch. liv
ils devaient sûrement trouver la mort 1 ; enfin aux plus séditieux il enleva le tiers du butin et les terres qui leur étaient destinées 2 . La vengeance touche plus souvent le cœur des despotes et des usurpateurs que Dikê, la première des Heures et fille de Dieu, selon la belle expression des Grecs.
César sentit la nécessité d'être maître légalement d'une magistrature afin de lui converver la considération populaire dont il avait besoin pour ses projets futurs. Comme sa dictature finissait au mois de septembre, il se fit nommer à la même charge de nouveau une seconde fois pour un an. Faisons remarquer que jamais cette dignité n'avait été conférée pour plus de six mois. Il se fit aussi élire consul pour Tannée 46 avant l'ère vulgaire ; ce fut son troisième consulat. Ensuite César fit confisquer les biens des membres de l'aristocratie qui étaient restés les armes à la main contre lui ; il fit vendre les propriétés de Pompée 3 : ce furent surtout Antoine et Dolabella qui en achetèrent, espérant qu'on ne leur en demanderait jamais la valeur; mais elle leur fut demandée, toutefois jamais payée. L'opiniâtreté avec laquelle César maintenait ses dispositions sur les dettes et les débiteurs indisposa les puissants de son parti ; il les calma en partie en leur conférant des honneurs et des places, sans avoir égard à l'âge, ni au nombre traditionnel des membres d'un collège ni aux degrés à parcourir pour y arriver. La dispensalion arbitraire de toutes ces grâces de pure faveur témoignait de la
1* Dion Casflius, 1. XLII, ch. lv.