Valère Maxime, I. VI, 2, § u
HISTOIRE DE CËSAR.
naissance d'une cour; les institutions républicaines étaient insensiblement refoulées au dernier plan, et l'autocrate pouvait récompenser selon son bon plaisir. « Sous la dictature de César, dit Tacite 1 , on se hâtait de récompenser la guerre civile. » Q. Fufius Calénus, qui avait rendu de grands services à César dans l'armée révolutionnaire, et P. Vatinius*, qui lui fut dévoué autrefois comme tribun dans les guerres civiles, furent nommés consuls pour les derniers jours de Tannée, et firent partie des consulaires dès l'année suivante, quelque courte qu'ait été la durée de leur magistrature ; ils furent comptés au nombre des sénateurs les plus considérables. Un des consuls étant mort subitement la veille des calendes de janvier, César revêtit de sa dignité vacante, pour le peu d'heures qui restaient, le premier qui la demanda 3 : ce fut Caninius Revilius. « Nous avons un consul vigilant dans la personne de Caninius, disait Cicéron, qui n'a pas fermé l'œil de tout son consulat 4 . » Cette manière de procéder et d'employer le consulat comme on fait des ordres de chevalerie, et que les empereurs postérieurs imitèrent, était du dernier ridicule. Pour ravaler les dignités républicaines à de simples places de cour, il nomma dix préteurs au lieu de huit institués par Sylla : plus tard, ce nombre fut porté par lui à quatorze et entin même à seize \ Sylla avait élevé à