‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 213 sur 289 · Plutarque, Vie de César, ch. un · texte numérisé non relu

Plutarque, Vie de César, ch. un

que Hirtius 1 , mentant avec ironie, ose sans pudeur n'accuser qu'une perte de cinquante hommes dans l'armée de César. Ce rédacteur des mémoires de la guerre d'Afrique a trouvé depuis de nombreux et fidèles imitateurs, devenus la risée de leurs contemporains. César laissa massacrer tous ceux des soldats ennemis qui avaient été faits prisonniers ou qui s'étaient rendus 2 ; aucun chef républicain ne tomba en son pouvoir. Scipion et Afranius s'enfuirent par mer, mais le premier, se voyant atteint par les ennemis, se passa son épée au travers du corps. Quelqu'un ayant demandé « où était le géne'ral, » il répondit ces propres mots : Bene se habet imperator, « le général est en sûreté 3 . » Virgilius, sollicité par César de se rendre, ne répondit pas, et le général révolutionnaire s'éloigna de Thapsus. Le lendemain, après les sacrifices, César, laissant Rébilus avec trois légions au siège de Thapsus, et Cn. Domitius avec deux autres au siège de Tisdra, où Considius commandait, marcha sur Utique, après avoir envoyé en avant M. Messala avec la cavalerie*.

Utique ! César devait y aller, car Caton la défendait. Ce grand républicain voulut prendre des mesures pour s'opposer à César. Mais n'ayant pu déterminer les sénateurs qui s'étaient renfermés avec lui dans cette place, il facilita la fuite à tous ceux qui voulurent l'a-

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