DionCassius, 1. XLUI, ch. x
de supporter la vue d'un tyran ! . » En comparant la morale de cour de Cicéron, la crainte qu'il témoigne, l'abaissement que, d'après son propre aveu, il pratique selon les circonstances, avec le calme et la tenue du défenseur inflexible des formes antiques, on peut se convaincre combien Caton avait d'élévation au-dessus de son siècle, combien sa supériorité lui était puissante. Et cette crainte de Cicéron provenait de ce que César, croyant un exemple de sévérité nécessaire, laissa massacrer sous ses yeux, non-seulement les soldats qui l'avaient combattu, mais encore les chefs, parmi lesquels fut Faustus Sylla, parce que, par ce moyen seul, César croyait pouvoir confisquer ses grandes richesses, dont il avait besoin pour l'exécution de ses desseins futurs.
Quelles que soient les phrases de rhétorique plus ou moins sensibles que César balbutia, lorsqu'il apprit la mort de Caton, sa sensibilité fut peu sincère ni profonde. Il n'eut pas honte de s'efforcer de salir la mémoire de Caton par un pamphlet fielleux en réponse à un panégyrique qu'en avait fait Cicéron. D'après le témoignage de Crémutius Cordus, le dictateur César répondit au livre de Cicéron par un discours écrit, comme devant des juges 2 . Dans son Anti-Caton, César eut l'impudence de l'accuser d'avoir passé les cendres de son frère au tamis, pour recueillir l'or qui aurait pu s'y trouver 3 ; César méconnut entièrement dans ce pamphlet la dignité de l'histoire.
Caton qui voulait être vertueux au lieu de le paraître,