Suétone, Vie de César, ch. lxxxvi
tat contre sa personne. Afin de désigner l'omnipotence de César par des marques extérieures, on décida que dans le sénat, au tribunal, dans le théâtre et aux jeux, il porterait la toge royale et qu'il s'assiérait sur un stége eu or 1 , et, qu'au théâtre, il se placerait parmi les tribuns et au sénat entre les consuls 1 .
Voilà ce qu'accorda et permit ce corps constitué nommé sénat, soit par crainte, espoir ou reconnaissance et soumission servile, à l'homme devenu tout puissant par les armes. Maintenant si Ton se demande comment César se servit do son pouvoir dans son intérêt personnel et dans celui de l'État, Rome devait, à la suite de son expérience passée, chérir comme un bonheur qu'après la victoire le vainqueur n'ait pas lait un usage cruel de sa puissance. Plus César eut de pouvoir, plus aussi sa douceur se manifesta-t-elle, aux témoignages mêmes de ses adversaires. La politique avait sa part dans cette conduite : lorsqu'il se montrait dur pendant la guerre ou après la victoire, sa rigueur, selon lui, était dictée par les circonstances. La confiscation dos biens de Pompée et de ceux de ses adhérents, qui résistèrent encore après la bataille de Pharsale, n'était point inattendue selon les droits de la guerre du temps et à la suite d'événements pareils : on avait craint pire que cela. La voie de la miséricorde et du pardon n'était point fermée à ses antagonistes, et lorsqu'on était resté neutre on ne passait pas, comme aux yeux de Pompée, [pour avoir fait partie de l'ennemi 3 . César
1. Suétone, Vie de César, ch. lxxxiv. — Appien, Guerresciv., I. ll,ch.cxLv.