‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 246 sur 289 · Suétonft, Vie de Cétar, cil. LXXT · texte numérisé non relu

Suétonft, Vie de Cétar, cil. LXXT

pardonnait à beaucoup de ses ennemis, bon nombre d'entre eux furent même promus à des places d'honneur et à des charges publiques *.

La conduite de César à cette époque était dirigée par la politique et les circonstances. S'il n'y eut pas de proscriptions à son retour d'Espagne, c'est que sa conscience, plus forte que sa passion de dominer, lui criait d'être modéré, prudent et sage. Si la conscience de Sylla, qui jamais ne conspira, n'avait pas à lui reprocher l'ambition de gouverner, si elle ne lui reprochait pas de vouloir exercer la puissance pour la puissance, elle lui criait hautement d'user des moyens les plus efficaces pour remettre Tordre compromis dans la société et la République dans son assiette.

César gueusait avec les moyens, et c'était naturel. Son but n'était point noble : car son intention n'était point de rétablir le règne de la loi et de sauver la République. Son but n'était, au contraire, que d'amener insensiblement une convergence des lois pouvant effectuer la réalisation de son rêve, l'élévation matérielle et le maniement absolu du pouvoir, dussent ces derniers se dresser sur les ruines du passé et sur l'anéantissement de la République.

César ne put et ne devait donc pas agir comme Sylla qui, exempt de toute basse et puérile vanité, ne reniant jamais ses principes ni sa conscience pour assouvir des appétits ridicules ou des passions mesquines, ne marchandait jamais avec son but ni avec les moyens d'y arriver.

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