Sutftonc, Vie de César, ch. lxxtiii
festé une vive indignation de ce qu'au moment où son char passait devant les sièges des tribuns, le seul Pontius Aquila, l'un d'eux, fût resté assis. Il s'était même écrié : « Tribun Aquila, redemandez-moi donc la République 1 . M
Le séjour de la jeune et belle Cléopâtre à Rome, dans les jardins de César, au delà du Tibre, fut un autre scandale pour les Romains. Elle était venue avec son frère qui était aussi son mari. Tout cela vivait ensemble, et l'adultère n'était même plus regardé comme un crime. Calpurnie permit sans doute ce qu'elle ne pouvait empêcher. Mais César tombait de plus en plus bas dans l'opinion publique en frondant ainsi toutes les convenances. La reine d'Égypte ne paraissait pas être une princesse tributaire, mais bien une souveraine. Elle voulait briller et gouverner à tout prix, sans observer la retenue que la prudence prescrivait. On la suspectait de vouloir entraîner César en Orient; la guerre contre les Parlhes devait en servir de prétexte.
Les probabilités d'un gouvernement militaire futur étaient patentes. Et à quelles mains devait-il être confié? César prenait pour collègue Antoine, l'être leplusabject, le plus vicieux, le plus pervers et le plus violent. Et comme s'il n'était point encore suffisant de laisser pour son lieutenant dans Rome un homme ridicule, endetté et ennemi de toute liberté, César voulait lui donner pour collègue, au moment de son départ, Lentulus Dolabella, gendre de Cicérou, jeune homme de vingt-cinq ans; il n'avait d'autre intelligence que celle de tromper