lbid., 1. H, ch. cxvm
3. Nous orne lions de rapporter les soi-disant prodiges que quelques auteurs enregistrent et qui sont relatifs aux dangers que courait César : inventions faites après coup pour intéresser davantage en sa faveur et pour donner (•lus d'importance à sa personne.
HISTOIRE DK CÉSAR. 40S
ou trône, les conjurés l'entourèrent sous prétexte de lui rendre leurs devoirs. Ils avaient chargé Trébonius de se tenir à la porte d'entrée et d'engager une conversation avec Antoine afin de l'empêcher momentanément de pénétrer dans l'intérieur. Tillius Cimber s'avança droit et de face sur César pour lui demander le rappel de son frère exilé; César remit sa réponse à un autre moment, et finit enfin par un refus. Tout à coup Cimber, qui avait conservé l'attitude d'un suppliant, s'approcha plus près de César, lui arracha sa toge pourpre 1 des épaules : c'était le signal convenu entre les conjurés, et au même instant il s'écria : « Que tardez-vous, mes amis ! » « C'est là de la violence, » s'écria César*. Au même moment, Casca, auquel César tournait le dos, le blessa un peu au-dessous de la gorge ; mais la blessure ne fut point mortelle ni même profonde. César put par conséquent se retourner, saisir le bras qui l'avait frappé et le percer de son poinçon. En même temps il s'écria en latin : « Scélérat de Casca que fais-tu ? » Ce dernier, s'adressant en grec à son frère, lui dit : « Frère, viens à mon secours! » Ceux des sénateurs qui n'étaient point de la conjuration furent saisis d'épouvante; comme cloués d'abord à leurs places, ils ne purent prêter de secours à César, ni même proférer une parole. Tous les conjurés se précipitèrent sur le dictateur armés de leurs glaives et de leurs stylets ; enveloppé de tous côtés par eux, ses yeux ne purent rencontrer autour de lui que des ennemis brandissant leurs épées et leurs poignards, décidés