‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 265 sur 289 · Macrobe, Saturnales, 1. Il, ch. m · texte numérisé non relu

Macrobe, Saturnales, 1. Il, ch. m

3. La fortune particulière de César »c uiontail à 25 million» tic deniers

de César, ce qui lui prêta beaucoup de force et une

grande prépondérance. Brutus n'assembla pas le sénat

6ur le Capitole, parce que ce droit n'incombait qu'à

Antoine comme consul : ce dernier se cachait. Enfin, «

accompagné de magistrats, Brutus quitta donc le Capitole et se rendit sur le Forum où son discours n'inspira qu'une faible sympathie, car on était encore indécis et consterné, inquiet de l'avenir.

L'idée de la conjuration ne dépassa pas la mort de César. Les conjurés furent effrayés avec Rome de l'action qu'ils venaient de commettre. C'est pour ne pas avoir réfléchi par avance sur la marche future à suivre qu'ils ne surent tirer parti du premier moment : or, rien ne put suppléer plus tard à cette inadvertance.

Deux jours après, le 17 de mars, le sénat s'assembla, sur la convocation d'Antoine, dans le temple de la Terre (Tellus). Dans cette séance, il fut convenu qu'on ne ferait aucune enquête sur la mort de César, que tout ce qu'il avait fait et ordonné resterait en vigueur. Les acteurs de l'événement du 15 mars et leurs amis furent amnistiés, à l'instigation de Cicéron qui rentrait de nouveau dans la carrière politique. Cette amnistie était imitée de celle qu'accorda Thrasybule en l'année 401 avant l'ère vulgaire, lors de l'expulsion des trente tyrans d'Athènes. L'allégresse était générale de ce qu'on était délivré de la domination de César. Quelques personnes même voulurent qu'on laissât son cadavre sans être inhumé 1 . Plusieurs écrivains tant de l'antiquité que des temps

(Plularque, Vie de Cicéron, ch. xliii) ou environ 4000 talents (Plutarque, Vie d'Antoine, ch. xv); de 20 à 23 millions de francs. 1. Dion Cassius, 1. XLIV, ch. xxxv.

Histoire de césar.

modernes, ont pensé que les bassesses auxquelles étaient descendus les sénateurs, n'avàiertt été qu'iitië politiqùë habile, destinée à rendre César odieux. Mais c'est unô erreur, puisque le sénat rendit après la tnott du dictateur ce décret absurde par lequel il approuve et condamne à la fois César et ses lois, il approuve et condamne à la fois les conjurés, leâ vengeurs dë la liberté, a Quelle absurde contradiction! écrivait Cicéron, on porte aux nues ceux qui ont tué le tyran, et on maintient les actes de sa tyrannie! Vous voyez ses consuls, vous voyez ses magistrats, si magistrats il y a; vous voyez lit torpeur des gens de bien 1 . »

Ce même jour de l'assemblée du sénat dans le temple de la Terre, le 17 mars, on entendit pour la première fois depuis longtemps la voix de Cicéron dans rassemblée populaire, lorsqu'on y fit connaître les décisions du sénat. Dès le matin du 1 5, Sous prétexte d'exercices gymna&tiques, Brutus avait rassemblé un nombre considérable de gladiateurs dans le théâtre de Pompée*, mais en réalité, pour prêter main-forte contre le sénat, si le sénat faisait mine de défendre César. Ces gladiateurs formèrent une sorte d'armée dévouée aux républicains.

Tandis qu'on délibérait au sénat, Brutus et Cassius avaient invité le peuple à venir s'assembler au Capitole; Brutus le harangua : mais il s'adressa plus particulièrement aux vétérans, auxquels il assura la paisible possession des terres et des biens que César leur avait donnés.

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