‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 266 sur 289 · Dion Cassius, 1. XL1V, ch. xvi · texte numérisé non relu

Dion Cassius, 1. XL1V, ch. xvi

HlSTOlRÉ DE CÉSAR. 4M

Les paroles de Brutus furent favorablement accuéilties. Le peuple manifesta le désir de voir les conjurés, les restaurateurs de la liberté romaine, comme il les nommait. Mais ceux-ci, craignant la vengeance de leurs ennemis, demandèrent des otages. Antoine leur envoya son jeune fils avec le fils de Lépidus. Arrivés sur lé Forum, Brutus, Cassiûs et leurs amis furent reçus de la foule avec des acclamations approbatrices : Rome tout entière •paraissait faire cause commune avec eux 1 ': la foule demanda qu'en signe de réconciliation sincère et complète, les consuls les embrassassent. Lépidus devint ensuite l'hôte de M. Brutus, frère de sa femme, ët Antoine invita Cassius à venir souper chez lui. La concorde paraissait donc rétablie à la fin de cette journée ; mais elle ne fut qu'apparente et simulée par crainte des amis de César.

César, étant dans sa terre de Lâvicutn (à vingt kilomètres sud-est de Rome, aujourd'hui Colonna), sur la voie Latine, avait écrit son testament le 13 septembre de l'année 45 et il avait confié ce testament à la première des Vestales. Dans la nuit du 15 au 16 de mars, Antoine s était saisi de cette pièce avec les autres papiers du dictateur. La publicité de la dernière volonté de César parut à Antoine un bon moyen de faire naître la pitié et le deuil pour la mort de César, et cette pitié et ce deuil devaient ensuite se traduire en vengeance et en fureur contre les républicains. Le testament fut ouvert et lecture en fut faite dans la maison d'Antoine. Il nommait trois héritiers : c'étaient les petits-fils de ses

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