Salluste, Catilina, ch. x
HISTOIRE DE CtfSAK
• Dès que là richesse fut devenue un titre d'honneur et qu'elle donna la considération, le crédit et le pouvoir, la vertu perdit ses avantages, la pauvreté devint infamie, la probité malveillance. Ainsi) par les richesses» la jeunesse fut livrée au luxe, à l'avarice, à la cupidité* à l'orgueil ; de là ses vols, ses profusions ; de là celle ardeur à prodiguer son bien et à convoiter celui d'autrui ; de là ce mépris de la pudeur et de l'honneur, cette confusion monstrueuse, cet oubli des lois divines et humaines, de tout devoir et de toute modération 1 . »
Voilà ce qué Sallusle écrivait vers Tannée 704 de Rome ou en l'année 50 avant l'ère vulgaire* Ce fut au sein d'une société ainsi constituée que César put com^ mencer la conversion subreptice de la République romaine en empire militairement despotique, dont le spectre hideux guida la plupart des princes qui régnèrent durant le moyen âge. Salis l'état de choses amené par César, jamais le christianisme ne se serait établi dans le monde, car le moyen âge est tout semé de romanité.
Augusle reçut sous son obéissance, avec le titré de prince, le monde entier fatigué par ses discordes civiles*. Toutes ces discordes civiles n'avaient été amenées que par l'ambition de chefs de parti qui, pour aboutir à leurs desseins, ruinèrent peu à peu Tordre social, en corrompant en même temps la moralité des nations.
Il ne viendra à l'esprit de personne de nier que César fût un des hommes les plus marquants de l'histoire : »
1. Salluste, Catilina, ch. xn. « Ville vénale, s'écriait Jugurlha, qui périrait bientôt si elle trouvait un acheteur. » Salluste, Jugurtha, ch. xxxv.