‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 30 sur 289 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

rique du professeur grec Molon, sous lequel avait aussi étudié Cicéron. Mais il fut fait prisonnier en chemin par des pirates non loin de Milet et près de l'île de Pharmacuse. On lui demanda vingt talents de rançon, qu'il se fit envoyer de Milet, et après trente-huit à quarante jours de captivité, il recouvra sa liberté. Alors avec quelques vaisseaux milésiens il poursuivit les pirates, les captura dans Fîle de Pharmacuse et les amena à Pergame, d'où il se rendit en Bithynie, contrée dans laquelle habitait alors le proconsul Junius Silanus. Ce dernier ordonna de vendre les pirates, probablement pour son compte, ce que César soupçonna : il se rendit donc en toute hâte à Pergame et fut de retour dans cette ville avant l'arrivée de l'ordre du proconsul. Il fit étrangler et mettre en croix les prisonniers, et il faut convenir qu'ils avaient bien mérité cette peine. Le séjour de César à Rhodes fut cependant de courte durée : la troisième guerre avec Mithridate le rappela dans la province d'Asie, où il rassembla, sans doute, au commencement de l'année 74, comme simple partisan, quelques troupes pour repousser l'invasion d'un des lieutenants du roi, et pour retenir dans le devoir les populations dont la foi était ébranlée ou douteuse,

La mort de Sylla avait rompu la situation tendue de l'intérieur de la République. La démocratie eut ses foyers tant en Italie qu'en Espagne. Pendant la dictature de Sylla, an noble, transfuge de son parti, avait changé de drapeau pour des motifs plus qu'équivoques. Enrichi d'abord considérablement par la vente des biens des proscrits, il avait pillé d'une manière scandaleuse et violente la Sicile dont il avait été gouverneur. Nous parlons de M. iEmilius Lépidus. Il s'efforçait, dans des assemblées secrètes, de ranimer le

courage du parti de Marius 1 . Sylla l'avait trop méprisé pour daigner le poursuivre sérieusement; mais la vanité de Pompée, qui voulait jouer le rôle de protecteur, favorisa l'élection de Lépidus au consulat pour Tannée 78. Le vertueux et honorable Catulus fut son collègue, mais il n'eut que le second rang 2 . La mort de Sylla fut pour Lépidus le signal de se montrer publiquement comme chef de parti. Il met d'abord des obstacles aux. funérailles du dictateur; mais Catulus et Pompée renversent ces obstacles 8 . Ensuite, il propose d'abolir toutes les lois de Sylla, proposition que Tacite qualifie de séditieuse 4 . Mais il échoue une seconde fois par l'opposition constante de Catulus et de Pompée, et les vétérans 5 , que les funérailles de Sylla avaient attiré dans la ville, devaient fortifier cette opposition. De cette façon, des scènes sanglantes furent évitées et empêchées pour le moment 6 ; cependant le vieux levain fermentait de nouveau, et dès les funérailles de Sylla, les factions se regardaient avec animosité. La discorde ostensible qui avait existé autrefois entre les deux consuls ennemis, fit faire des réflexions et suscita des difficultés sérieuses. Dans le but de conserver la paix , le sénat fit jurer à Catulus et à Lépidus de ne point porter les armes l'un contre l'autre , et en même temps il leur donna un commandement à l'extérieur, pensant ainsi éloigner le danger par la séparation. Mais Lépidus , auquel le sort a fait échoir la

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