‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 33 sur 289 · Velléius Paterculus, liv. U. ch. xxv · texte numérisé non relu

Velléius Paterculus, liv. U. ch. xxv

rius; plus tard, Pompée vint à son secours. L'honneur de -a victoire appartenait collectivement aux deux généraux ; Is célébrèrent tous deux leur triomphe; mais la faveur populaire se tourna sur Pompée, car le sort l'avait partout servi, le bonheur avait couronné ses combats, et il connaissait l'art d'utiliser la faveur du peuple, de prêter à des capacités médiocres l'apparence du génie. La multitude de toute condition et de tous les temps ne révère que le succès ou sa forme extérieure, parce qu'elle a peu de sentiment pour le vrai mérite.

Pendant que Licinius Macer demandait sans relâche le rétablissement du tribunat, problème dont la solution fut ajournée jusqu'au retour de Pompée, qui était en Espagne, Rome vit éclater la révolte des esclaves ou de Spartacus (de 73 à 71). Un fait déplorable pour Rome, c'est qu'à la suite de la victoire des Romains sur les Cimbres, sur l'Adige en 102, par le talent stratégique de Sylla, plus de soixante mille prisonniers, plus de cent cinquante mille dans le courant de la guerre, furent envoyés et distribués sur la surface de l'Italie, en Sicile et en Afrique. Vingt-huit ans plus tard, ceux de ces esclaves qui étaient encore robustes, ainsi que leurs enfants, vengèrent, dans la révolte des gladiateurs, l'outrage fait à leurs pères.

Il y avait à Gapoue un homme nommé Lentulus Batiatus 1 , qui tenait une école de gladiateurs destinés aux jeux publics, et dont il faisait une spéculation. Lorsqu'un édile ou tout autre personne voulait donner un

i. Plutarque, Vie de Crassus, ch. vm. — Appien, Guerres civiles, !iv. I, ch. cm.

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