CHAPITRE PHKMIl-n
combat de gladiateurs ou d'animaux féroces, Lentulus en fournissait les combattants, moyennant salaire. A cet effet, Lentulus avait acheté un grand nombre de Thraces, de Celtes, de Gaulois, etc. ; il leur faisait faire des exercices dans un lieu enclos et fermé. Mais un jour, l'indignation et la colère leur montèrent au cerveau ; au nombre de deux cents ils voulurent s'évader; ils furent trahis. Soixante-dix-huit seulement parvinrent à se sauver. Le hasard qui leur fit trouver des armes, leur donna aussi un chef, Spartacus, Thrace d'origine, courageux, d'une grande force physique, intelligent, et qui, par la douceur de son caractère, méritait un meilleur sort. A la tête d'une bande de ses camarades, il délivre les esclaves partout où il en rencontre et bientôt son armée compta soixante-dix mille combattants. La guerre, qui avait commencé en Gampanie et en Lucanie, s'étendit jusqu'au nord de l'Italie. L. M. Crassus, le même qui avait vaincu Rome dans l'armée de Sylla dix ans auparavant, fut envoyé pour combattre les révoltés, et il parvint à les exterminer. Quelques-uns, au nombre de cinq mille, se dirigèrent vers les Alpes et furent tués par Pompée qui eut la fanfaronnade d'écrire au sénat que Crassus avait vaincu les gladiateurs en bataille, mais que lui, Pompée, il avait extirpé la guerre jusque dans ses racines *.
En 70, Pompée était dans sa trente-septième année et César dans sa trente-troisième : c'est alors qu'ils s'approchèrent l'un de l'autre pour la première fois. Pendant cette année, Pompée fut consul avec Crassus. Qu'était César en comparaison de Pompée ? Rien encore. Il se lia