Plutarque, Vie de Pompée, ch. xxix
avec Pompée, et celui-ci, dans sa vanité et dans son aveuglement, croit y voir le tribut du respect d'un homme plus jeune que lui, sans célébrité, sans passé. Mais César usa de cette liaison comme d'un pont jeté sur l'avenir de sa grandeur personnelle. Le vaniteux Pompée se réjouit à toute occasion, de voir ses démarches secondées par César. L'autre en retire deux bénéûces : d'abord, par tout ce qu'il fait pour Pompée, il augmente pour lui-même l'affection du peuple : ensuite, il conquiert un allié puissant pour l'exécution de ses projets futurs. D'autre part, le luxe dont s'entourait Pompée, la fierté de son attitude lui attirèrent la jalousie et la crainte de son parti; il se rapprocha du peuple, u Ce fut là que l'attendait César, sur son propre terrain , où il n'était point un auxiliaire à dédaigner; avec toute la considération due au tout-puissant du moment, il lui prêta vigoureusement son bras, afin de l'attirer dans la fausse voie où Pompée ne trouva avec sa fierté, sa froideur et son incapacité, que des difficultés pour se faire bienvenir de la multitude, et d'où il ne battit en retraite vers ses alliés naturels qu'après s'être beaucoup trop avancé. A partir de ce moment, César se mit à faire, du fond de son obscurité, l'usure avec sa considération, poussant toujours de plus en plus Pompée en avant, jusqu'à ce qu'enfin, au bord de l'abîme, celui-ci eût à regretter les égarements de cette année 4 . »
Qu'avait fait Pompée? U avait rétabli la puissance des tribuns, rétablissement plusieurs fois tenté depuis Sylla, et que lui-même avait promis au peuple quand la guerre avec Sertorius serait terminée. Il tint donc sa promesse, et César