‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 55 sur 289 · Dion Cassius, liv. XXXVII, ch. xxxvn · texte numérisé non relu

Dion Cassius, liv. XXXVII, ch. xxxvn

2. Suétone, Vie de César, ch. xui. — Plutarque, Vie de César, ch. vn.

de paroles et d'actions, pourvu qu'il aboutît à ses fins. Il savait s'infliger une humiliation passagère en vue de sa puissance future, et ne rougissait pas de feindre, pour un moment, le très-humble serviteur auprès de ceux qu'il espérait dominer dans l'avenir 4 . » Dans Félection en question, il eut sur ses compétiteurs cet avantage, de réunir plus de suffrages dans leurs propres tribus qu'ils n'en eurent ensemble dans toutes les autres. Mais pour cela il avait répandu l'argent avec une telle profusion qu'effrayé de Fénormité de ses dettes, il avait bien pu dire à sa mère les paroles rapportées plus haut. Et pourquoi avait-il brigué cette magistrature à vie? Pour s'en servir comme d'une puissance contre la noblesse ou le parti conservateur. Et ainsi, la religion même, ce qu'il y a de plus saint au monde, devait être traînée par lui jusque dans la fange de son ambition.

Tandis que César ruinait par tous les moyens possibles, en ne se donnant jamais un moment de relâche, la liberté, la République et l'ordre social tout entier; tandis que Pompée, dans son omnipotence, décidait en Orient du sort des rois et des empires, qu'il fondait de nouvelles villes, qu'il en métamorphosait d'anciennes, il se tramait silencieusement à Rome une révolution qui, si elle n'avait point été arrêtée, aurait sans nul doute anéanti les espérances de César et les triomphes de Pompée. Celui qui la fit avorter, n'était point militaire, point sénateur; mais, orateur d'une grande éloquence, il avait déjà fait condamner Verres, ce gouverneur de la Sicile, qui l'avait volée et pillée de la manière la plus odieuse et la plus

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