‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 63 sur 289 · Plutorquu, Vie deCrassus, ch. ir · texte numérisé non relu

Plutorquu, Vie deCrassus, ch. ir

Quand Sylla en fut instruit, il le laissa dans l'ombre, et ne lui confia aucun emploi. Cicéron ne cessait de le persifler en l'appelant Calvus déguisé , acquéreur des propriétés de la famille des Nannéiens 1 . Crassus utilisa donc le feu et la destruction comme l'assassinat et les confiscations pour s'enrichir. Il avait fait deux mille quatre cents pour cent de son argent. Ce n'est jamais que sous des autorités athées et perverses, ce n'est qu'au sein d'une société en déroute qu'on voit l'accumulation de semblables richesses par de semblables moyens et en un aussi court espace de temps. Cette richesse de Crassus, son excessive usure, les embarras de fortune de beaucoup de grandes maisons dont les dépenses côtoyaient la folie, le rendaient le maître et l'arbitre de groupes considérables de familles et de classes entières du peuple, qu'il pouvait anéantir s'il exigeait le payement des sommes dues, et qu'il pouvait sauver en leur offrant de nouveaux emprunts.

Sans appui dans la noblesse , sans soutien dans le peuple, Pompée mit en mouvement deux leviers dont il espérait une force effective : c'étaient l'élection au consulat de L. Afranius, son ancien légat, et la demande de \ son triomphe. Afranius fut nommé, mais non sans opposition, ainsi que l'autre consul Métellus Céler (61). Le premier ne put ôtre d'aucune aide à Pompée ; le second j était son ennemi : il était frère de Mucia, que Pompée venait de répudier. Pompée demanda la confirmation de ses actes pendant la guerre d'Orient; il demanda au sénat une approbation générale et prompte. Mais le sénat ré-

I. Nosti Calvum, ex Nannejanis illum, illura laudatorem meum. Cicero, Epist. ad Atticum I, epist. xvi.

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