‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 64 sur 289 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

clamait au contraire une délibération particulière et spéciale sur chaque fait. Pompée eut la faiblesse de s'adresser au peuple. César, qui suivait toujours la même voie, ne laissa pas de remarquer combien peu capable était Pompée de remplir le rôle qu'il avait choisi. Dans le procès de Clodius, qui avait ému toute la ville, l'année précédente , Pompée avait pria parti pour le sénat. A présent, il appuyait la proposition de faire descendre Clodius dans une famille plébéienne, ce qui avait évidemment pour but de lui permettre d'aspirer au tribunat, afin de pouvoir attaquer le sénat et surtout Cicéron. Fontéius, homme obscur, adopta Clodius, et cette adoption fut sanctionnée par l'autorité publique : César y mit la main.

Tandis qu'on discutait dans le sénat la ratification des actes de Pompée en Orient, Pompée fit demander au peuple, par le tribun Flavius, une distribution de terres pour ses vétérans 4 . Afin d'aider l'adoption de cette demande, on étendit son application à tous les citoyens les plus pauvres. Cette proposition était pernicieuse, contraire au droit, attentatoire à la propriété de classes entières de la société et de la bourgeoisie. Cela n'empêcha pas Pompée de pousser Flavius à des violences extrêmes. Caton et Mételius s'opposèrent à cette mesure inique, et Flavius fit jeter le consul en prison, parce que celui-ci ne voulait pas céder. Enfin, Pompée réfléchit qu'il serait plus sage pour lui d'arrêter l'ardeur du tribun, et finit à la longue, par renoncer a la satisfaction de ce second point d'honneur 2 . Déçu dans toutes ses espérances, il regretta d'avoir licen-

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