Fiorus, Hv. IV, ch. n
Pompée. On se servait de Glodius pour effrayer Cicéron , et, avec l'or de Grassus, on acheta les votes en faveur de César, parce que l'aristocratie, de son côté, s'imposait de grands sacrifices pour faire arriver ses candidats au consulat. Le parti auquel appartenaient Lucullus , Caton , Cicéron et d'autres amis de la constitution, reconnut bientôt qu'il serait impossible d'exclure César du consulat; ce parti savait aussi que Pompée et Crassus n'emploieraient jamais de moyens violents contre les lois existantes et contre les magistrats; ils opposèrent donc à César un candidat qui était des leurs. L. Luccéius avait peu de crédit, mais une grande fortune ; César se l'était attaché à condition qu'il associerait le nom de César au sien dans ses largesses aux centuries 4 . Luccéius employait donc son argent au bénéfice de César, et celui-ci son influence au profit de Luccéius 2 . L'aristocratie, qui ne pouvait pas écarter César, voulut, pour éloigner Luccéius, que Bibulus fit aux centuries les mêmes promesses, et M. Bibulus, après avoir acheté seul le vote des centuries pour le prix que ses deux compétiteurs avaient payé réunis, fut nommé à sa place. Cette élection eut pour conséquence d'amenerun continuel antagonisme entre les deux consuls; à la fin, les patriciens, qui étaient plus en peine de leurs étangs que de la patrie, et dont Cicéron parle avec le plus souverain mépris s , ne soutinrent plus leur Bibulus, qu'ils rendirent ridicule et méprisable; de l'autre côté, ils offrirent l'occasion à César de gagner l'estime de toutes les classes de citoyens. Il voulait gagner sûrement le peuple,