‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 81 sur 289 · Plutarque, Vie de Pompée, ch. ilvu · texte numérisé non relu

Plutarque, Vie de Pompée, ch. ilvu

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bannie , s'il n'est pas permis à chacun de conserver ce qu'il a ; car l'objet propre de la ville, de la cité, est, comme je l'ai dit, que chacun jouisse de son bien librement et avec sécurité. Il y a plus : en ruinant ainsi la République, ils ne gagnent pas même, comme ils se l'imaginent , les bonnes grâces du peuple ; ils se font un ennemi de celui qui est dépouillé de son bien, et cemi même qui l'a reçu , dissimule son plaisir; le débiteur surtout cache sa joie, de peur qu'on ne pense qu'il était insolvable 1 . »

En sauvant l'honneur de Pompée au moyen d'une distribution de terres à ses vétérans , César avait habilement calculé qu'en faisant ce sacrifice à la gloire de Pompée, il augmenterait la sienne, et qu'en rejetant sur lui tout l'odieux de leur puissance commune, il affermirait sa propre puissance 2 . Pompée fut donc de plus en plus poussé par César dans la voie épineuse où il se trouvait engagé ; il soutenait sa dignité. La mention du butin qu'il avait remporté en Asie le flattait, et César l'avait faite à dessein. Elle rappelait ses exploits, elle le désignait comme celui auquel les futurs colons devaient leurs terres , et en peu de temps Pompée vit le sort de la loi agraire mis dans ses mains. Dans son illusion il voyait le consul lûi rendre hommage. C'est que, par nécessité, il était le plus grand dans Rome. Mais, des ce moment aussi, Pompée fut privé de la reconnaissance qu'on aurait pu lui devoir pour le licenciement de son armée après la guerre contre Mithridate, à cause des violences qu'il avait employées récemment dans ses décisions ; et par un intérêt personnel, il fut forcé de former l'avant-garde contre ses alliés naturels avec ses vété-

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