CHAPITRE II
le soleil en avait jamais éclairé de plus infâme que cellelà. Nous avons bien mérité nos malheurs : si nous n'eussions pas souffert les attentais de tant d'autres, ce dernier ne se serait jamais porté à un tel excès de licence. Il a laissé peu d'héritiers de ses biens ; mais il en a laissé beau- • coup de ses funestes passions 4 . » Cicéron a bien raison de dire que César a renversé toutes les lois divines et humaines pour arriver à ce rang qu'il croyait faussement le premier 2 .
Il était dit, dans la loi agraire Julienne, que si les terres publiques ne suffisaient pas, on en achèterait avec l'argent que Pompée avait rapporté d'Orient, ou avec le surplus des impôts publics 9 ; mais l'aliénation devait dépendre de la volonté du propriétaire, et le prix être réglé suivant l'estimation faite lors du dernier cens ou recensement. Dans cette loi on mettait le nom du peuple en avant *. On voulait le gagner encore davantage, et cela aux dépens de l'État : mais dans le fond , il s'agissait de sauver l'honneur de Pompée en récompensant ses soldats. « Il n'est pour les chefs d'un État aucun moyen plus facile de se concilier la bienveillance de la multitude, que l'intégrité et le désintéressement, dit Cicéron. Ceux qui veulent être populaires , et qui dans cette vue , mettent en avant la loi agraire, pour chasser les propriétaires de leurs maisons, ou qui opinent pour l'abolition des dettes, sapent les fondements de la République , en détruisant d'abord la concorde, qui ne peut exister lorsqu'on ôte aux uns pour donner aux autres , et ensuite l'équité , qui est entièrement