‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 85 sur 289 · Vellvius Paterculus , liv. II , ch. xuv · texte numérisé non relu

Vellvius Paterculus , liv. II , ch. xuv

3. PI marque, VU de César, ch. xw. — Appien , Guerres civiles, lir. II, du xi*.

Tordre établi par lui aux calendes de janvier pour recueillir les votes 4 . *

La loi agraire fut le premier résultat du triumvirat et l'imposante preuve de sa puissance : elle sauva l'honneur de Pompée et paralysa l'aristocratie. Le refus du sénat d'entrer en pourparlers fut interprété comme une renonciation à ses droits, et, dès ce moment, les rogations les plus importantes furent adressées directement au peuple. Et César régnait seul. La loi agraire profita plus à César qu'à Pompée lui-même. Elle lui assurait, dans une étendue plus large et plus profonde, la faveur de la multitude pauvre, et Pompée enfin devint son obligé. A partir de cette époque, ses principaux efforts furent de l'attacher le plus possible à son sort ; il savait que le temps n'était point éloigné où il devait compter sur lui. C'est pour cela qu'il lui donna aussi sa fille. La rupture de César avec le sénat était complète ; pendant toute la durée de son consulat, il le prit peu en considération, mais porta sans détours les affaires les plus importantes devant le peuple, affaires sur lesquelles le sénat seul avait à prononcer constitutionnellement. Enfin, il ordonnait et décidait toutes choses dans la ville avec l'arbitraire d'un autocrate, de sa seule et souveraine autorité, si bien que des railleurs, avant de signer leurs lettres, les dataient, par plaisanterie, non du consulat de César et de Bibulus, mais du consulat de Jules et de César, faisant ainsi deux consuls d'un seul, dont ils séparaient le nom et le surnom 2 . Le pauvre Bibulus, consigne dans sa propre maison, n'agissait plus, dans son opposition, que par la voie des édits. Le tribun du peuple Pu-

j 1. Suétone, Vie de César, ch. xxi.

2. Suétone, Vie de César, ch. xx. — Dion Cassius, liv. XXXVIH, ch. vm.

blius Vatinius le tenait à la lettre consigné dans sa demeure avec ordre de l'arrêter et de le conduire en prison s'il se montrait.

César cependant supportait avec impatience les obstacles qu'on suscitait à l'exécution complète de ses vues; voulant en finir avec ses adversaires, il suborna à prix d'argent le chevalier L. Vettius, dont Cicéron s'était servi contre Catilina. Cet homme déclara que quelques-uns d'entre eux l'avaient engagé à tuer Pompée et César; amené au Forum, il nomma les prétendus auteurs de ce complot. Mais Vettius accusant sans preuves tantôt l'un, tantôt l'autre, la fraude fut bientôt soupçonnée ; et César, désespérant du succès d'une entreprise aussi imprudente, fut accusé d'avoir fait étrangler le dénonciateur en prison *. On disait qu'il s'était suicidé ; mais son corps avait offert des marques non équivoques de violences et dont parle Cicéron 2 .

Nous avons parlé précédemment d'un outrage fait par Clodius à l'honneur de César. Ce jeune homme, qui avait eu une intrigue amoureuse avec Pompéia, n'en fut pas moins nommé tribun par César pendant son premier consulat en cette année 59. Celte nomination est un témoignage non équivoque du peu de dignité qu'il y avait dans le caractère de César, qui faisait bon marché de son honneur quand il s'agissait de ses intérêts politiques.

1. Suétone. Vie de César, ch. xx. — Dion Cassius, 1. XXXVI11, ch. ix.

2. Cicero, In Valin., II. — Plularque, Vie de Lucullns, ch. xlii. — Àppien, Guerres civile*, I. II, ch. xir.

Vers cette époque, Pompée avait à cœur de s'acquitter d'une dette contractée pendant son gouvernement d'Asie, et César lui prêta encore son secours intéressé. Pendant sa campagne de Judée de Tannée 63, il avait reçu d'Égypte des sommes considérables; le roi de ce pays, Ptolémée Auletès, fils naturel de Lathurus, craignait pour son trône, à cause du testament de son oncle, Alexandre I er , d'après lequel Rome devait hériter de l'Égypte. En Tannée 65, César avait demandé l'annexion du royaume d'Égypte, et, deux années plus tard, la chose fut de nouveau remise en question lors de la loi agraire présentée par Rullus. Dans sa perplexité, Auletès s'adressa à Pompée, mais en même temps il appuya sa requête auprès du consul et d'autres grands avec de l'argent, et César le tranquillisa au commencement de cette année par une décision du sénat et du peuple, par laquelle il fut reconnu comme ami et allié de Rome ; Suétone va même jusqu'à dire que César tira du seul Ptolémée, en son nom et en celui de Pompée, près de 6,000 talents ou 32,400,000 fr. 1 . Vers cette époque, César, aidé du sénat, mit Arioviste (prince germain) dans ses intérêts, en lui faisant envoyer des présents de grande valeur. Selon le récit de César, ce chef avait recherché chaudement Tamitié des Romains ; mais la vérité est que, par l'alliance qu'on contracta avec lui, il devait être empêché de s'opposer à la conquête de la Gaule que le consul avait décidé dès cette époque.

Il n'est pas facile de déterminer lesquelles des lois appartiennent au premier consulat de César ; mais on

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