‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 92 sur 289 · Suélone, Vie de Vitellius, ch. v · texte numérisé non relu

Suélone, Vie de Vitellius, ch. v

4. Voyez A nciens Parlements, par le comte de Boulainvilliers, 1727, t. III, p. 66, 67, 75, 100. — Histoire de la Régence, par Lemoutey, t. I, p. 61.

au sénat de faire rendre compte à César de son administration de l'année précédente; et ils dirent aussi qu'on n'avait point tenu compte des auspices. César eut l'audace de demander lui-même une enquête, mais qui n'eut pas lieu, parce qu'on craignait que pour se justifier, il n'invoquât les puissances qui avaient précisément servi à commettre ses crimes et ses attentats. Trois jours s'étant passés en vaines altercations, il quitta Rome et partit pour son gouvernement; et aussitôt, afin de constituer à son égard un précédent fâcheux, on traîna son questeur en justice, à raison de plusieurs crimes 1 . Bientôt après, César fut cité par le tribun du peuple L. Antistius; mais, invoquant avec honneur la loi de Memmius 2 qui ne permettait point de poursuivre des hommes absents pour les affaires publiques, et grâce à l'intervention du collège des tribuns, il obtint de ne pas être accusé dans son absence.

Cependant Cicéron n'était point resté inactif, il observait à distance ce qui se tramait; la haine dans l'àme, et avec le désir le plus ardent, il voulait ramener Pompée dans le sein du sénat. Il espérait qu'alors Clodius succomberait, et que son exil honteux cesserait. Car il faut le dire, Cicéron ne supporta son exil qu'avec une pusillanimité qui contraste avec la fermeté d'àme qu'il avait montrée en bravant auparavant les dangers qu'il savait devoir courir. Il avait refusé la main que lui tendaient les triumvirs, écarté toute garantie contre son action publique : il n'y avait donc rien à faire qu'à

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