I. Plulari|>ie, Hi- île /‘oiiipte, ch. U
i. Vojfi pages 137, liB, H8.
HISTOIRK l»K CKSAll.
iMundcr la paix, devaient à leur tour être soumis, et, à cet effet, il fU marcher son armée contre eux. Sachant par l’expérience de leurs compatriotes qu’on ne pouvait pas lui résister en bataille rangée, ils se retirèrent dans les bois et les marais dont leur pays était couvert. Leur tactique fut de surprendre rennemi et ils y réussirent. César eut des revers et ses ennemis mirent leur confiance dans les rigueurs de l’iiiver. Le généralissime fut bientôt forcé de terminer la campagne. Il conduisit sa troupe à l’ouest au-delà de la Sequana (Seine), chez les Lexoves (le Lieuvin) , en Normandie, où elles hivernèrent.
Après la réunion de Lucques, les ennemis de César se montrèrent cependant plus déterminés qu’on ne s’y était attendu. A son retour de Sardaigne, Pompée les trouva très-animés. Quelque secrètes que fussent tenues les résolutions prises à Luc(|ues, elles constituaient en elles-mêmes une nouvelle déclaration de guerre. Le parti conservateur écoutait, observait, et fit enfin de telle sorte que Pompée et Crassus dissimulèrent et allèrent même jusqu'à dire à leurs amis que leur intention n’élail pas de se charger d'un second consulat. Ce ne fut plus César qu’on craignit, mais surtout Pompée. C’était en vain qu’on lui avait refusé la surintendance générale sur les aménages des subsistances et la commission relative à l'Égypte. Si, pour surcroît de malheur, il obtenait une province et une armée, et qu’averti par son sort après la guerre de Mithridate et soutenu par ses deux amis, il ne rentrait pas dans la vie privée, il était d’autant |>lus à redouter. Questionné par le sénat à l’ell'et de savoir s’ils rechercheraient le consulat, Pom-
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HISTOIRK DE CfiSAH. |”>7
pée répondit : «Peut-être , n et Crassus, avec moins d'audace, dit qu’il ferait ce que demanderait le bien public ; Pompée ajouta en érudant, et en forme de menace, lorsqu’on lui demanda de s’expliquer plus catégoriquement : que s’il recherchait le consulat il ne s'adresserait qu’à des citoyens justes, et enfin il se permit même des invectives contre Lentulus Marcellinus. Le secret fut donc éventé et l’on pouvait aisément prévoir la conduite des candidats qui ne s’étaient point présentés à temps'. Ils empêchèrent les élections de l’année et manœuvrèrent en sorte qu'ils pussent accepter le consulat légalement après le passage d’un inter-roi. C’est entourée de violences que leur élection s’effectue ; c’est au moyen de la force et de la corruption qu’on fait arriver des amis et des créatures aux autres emplois publics^ Pompée simula de ne plus prétendre à rien ; mais le consulat fut pour lui un moyen et un but. Cicéron se déclara dans le sénat pour les triumvirs; lorqu’il s’agit de la distribution des provinces pour l’année suivante, Cicéron dit que César avait fait de grands exploits, qu’il n’avait point encore achevé son œuvre et qu’il ne fallait j>as le rappeler de la scène sur laquelle il agissait. 11 dit qu’il avait demandé, dans l’intérêt de la République, quinzejours d’actions de grâces aux dieux, la solde et dix lieutenants pour César. Dans les circonstances actuelles, disait-il encore, et toujours dans l’intérêt de la République, il demandait qu’on donnât aux consuls futurs,
t. Dion Cafti^ius, 1. XXXIX, ch. xwii.
2. I(i., 1. XXXIX, ch. XXXI, xxxil. — Appien, Gnrrrr.% I, II,
ch. XVII, xvm. — P'iilaniiifi, Vi> dr Catnu mm., ch. xlii.
HISTOIRIi; DE CÉSAR.
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non les Gaules, mais la Macédoine et la Syrie, les provinces de Pison et de Gabinius, qu’ils avaient obtenues comme récompense de leur coopération à son exil et comme instruments des triumviis qu’il détestait au môme degré qu’ils étaient inaccessibles. C’est ainsi qu’il pensait se venger de son premier exil et ensuite en éviter un second. Ses désirs ne furent accomplis qu’à moitié: César ne perdit point ses provinces; Gabinius n’eut point de successeur; Pison, beau-père de César, seul en eut un. Cicéron parlait en faveur des triumvirs parce qu’il redoutait les menées de Clodius.
Les tourmentes continuaient toujours. Si la noblesse fut incapable de nuire à ses ennemis, elle voulut au moins leur préparer une mortification, et cela conduisit à un nouvel intermède : elle attaqua, à l’exemple de Cicéron, les patrons trop bien cuirassés dans la personne de leurs clients. L. Cornélius Balbus avait été fait citoyen romain par l’entremise de Pompée; il était en ce moment favori de César et prœfectus fabnim dans son armée, au moins nominativement, car il vi* vait à Rome la plupart du temps. Un habitant de Gades, qu’on avait gagné par la corruption, accusa Balbus de s’attribuer illégalement le titre de citoyen romain. Crassus. Pompée et Cicéron, à l’instigation de ce dernier, prirent sa défense, et ainsi Cicéron se tit bien venir des deux plus puissants des triumvirs , et surtout de Pompée, puisqu’àune époque où César le menaçait de l’éclipser, il rappelait ses triomphes à l’ingrate Rome. Balbus fut reconnu comme citoyen par les juges.
En présence d’une telle expression de sentiments hostiles, César de son côté devait d’autant plus travail-
HISTOIRE DE CESAR
1er à ce que les comices consulaires eussent le résultat désiré; pcir là, Pompée recevait une garantie de son élection. Toutefois, depuis le retour de M. Caton de nie de Chypre qu'il avait été chargé d’enlever au roi Ptoléméeà l'instigation de Clodius, les espérances semblaient se troubler. Après la défection de Cicéron, l’aristocratie jeta surtout les yeux sur Caton : elle le destinait, par son zèle républicain, h donner un nouvel essor à ses affaires; ensuite à faire agir, ou au moins à faire voler pour elle, le consul Marcius Philippus pour qu’il ne contrariât pas son collègue Lentulus Marcellinus. Mais Caton ' avait perdu en mer ses comptes et ses papiers, et Clodius, en ce moment ami des triumvirs (parce que Pompée, pouvait comme consul lui être utile en Asie dans ses demandes d’argent), fit un devoir à Caton de produire ses comptes. Or Clodius fut encore guidé et fortifié par César dans celte circonstance, comme il l’avait guidé et soutenu dans tant d’autres, à quelque grande distance qu’il fût de Rome®. On était meme allé jusqu’à faire savoir à César l’agréable nouvelle que Caton se serait fâché avec Cicéron, qui aurait déclaré les lois de Clodius de l'année 58, et par conséquent aussi les procédés envers Ptolémce, comme illégaux. Par de semblables démêlés particuliers, le défenseur de la République ne fut que d’autant plus poussé à se vouer à son service. Les candidats pour le consulat se retirèrent, à l’exception de L. Domitius Ænobarbe, mari de Porcia, sœur