Dion Cassiua, I. XXXIX, ch. xiili
1>!0 HISTOIRE DE CÉSAR
fie Caton, et qui sut le déterminer à ne point se retirer par le motif qu’il s’agissait non de la charge, mais bien de la liberté. L’ambition de Caton et la haine qu’il avait vouée à César le rendirent docile, et la faction sénatoriale proclamait le malheur qui surviendrait infailliblement si l’on ne le nommait pas. Et dans ce cas on évincerait au moins un des triumvirs. Mais les membres de celle faction s’étaient fait un ennemi du tribun du peuple C. Caton, qui, dans cette occurrence, fut très-utile à leurs adversaires. Au début de son tribunal ils l’approuvèrent, parce qu’il s’opposait à ce qu’on secourût Ptolémée Auletès avec une armée pour reconquérir l’Égypte, car par ce moyen Pompée se voyait frustré dans ses espérances. La faction sénatoriale vit aussi avec plaisir qu’au mois de février Caton manifesta ouvertement son opinion, comme ami de Clodius, dans le démêlé avec Milon sur les menées du triumvir et sur sou mamiuement de parole envers Cicéron quoiqu’il n’eût en vue que d’enlever la guerre avec l’Égypte, au proconsul de Cilicie, Lentulus Spinther, de même que de servir Clodius. Dès le mois de décembre de l'année précédente il avait prouvé son hostilité à Lentulus, et, dans l’année courante, il fit connaître son contreprojet de loi d’après lequel il devait perdre le commandement de sa province. Pour détourner cette loi ainsi que la sanction d’une rogation du tribun Caninius Gallus, par laquelle il demandait que Pompée fût envoyé à Alexandrie avec deux licteurs, le consul Marcellinus