‹ Le grand perturbateur romainChapitre 13 sur 277 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Sylla répondit, en elTel, qu’il ne sc lierait jamaLs avec des hommes qui avaient commis d’aussi grandes atrocités. L'année 8/i se passa en préparatifs de guerre. Après le meurtre de Cinna, Carbon resta seul consul et continuait les armements contre la volonté du sénat.

A l’époque ou Sylla débarqua en Italie, L. Scipion et C. Norlmnus, deux hommes sans talent, et à ce qu’il paraît même sans courage, avaient accepté le consulat; ils étaient à la tète de deux armées séparées qui ne leur étaient point dévouées. Il se joignirent au proconsul Carbon pour s’opposer au vaimpieur de Milliridate. Celui-ci, de son côté, vit arriver dans son camp .Métellus, Lucullus, Crassus et C. Pompée, nommé plus tard, le Grand. Dans la première entrevue de Sylla et de Pompée, Sylla descendit do cheval, et salua Pompée du titre d’Imperalor. Pompée n’avait cependant que vingt-quatre ans, et n’était point sénateur; Sylla en avait cinquante-sept. Les ancêtres de Pompée étaient plébéiens. Jusqu’au milieu du ii' siècle, avant l’ère vulgaire, les Pompê“e avaient été confondus dans la foule; mais leurs ancêtres étaient Grecs : c’est ce qui explique leur beauté physique et morale. De là, peut-être, le long dédain que leur avaient témoigné les Romains.

Le talent militaire était du côté de Sylla : la plus grande partie du sénat était dans .son camp. Toutefois, il lui fut impossible de marcher directement sur Rome, et l’année s’écoula sans résultat. Tous les jours, il voyait ses rangs grossir d’une grande quantité de nobles et de bons citoyens, comme ditVelléius*. Sylla, pour ôteraux Italiens la crainte qu’il ne vienne leur enlever le droit de cité cl de

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