‹ Le grand perturbateur romainChapitre 12 sur 277 · Cicéron, Philippiqiu , XIV, ch. tiii · texte numérisé non relu

Cicéron, Philippiqiu , XIV, ch. tiii

♦. Dion Caaaiua, Fragments, n* 202.

CHAPITPR PREMIER.

ioterdits de la fureur stupide de ce vieillard ignorant , auquel manquait tout sens moral. Cinna n’eut pas le courage de s’interposer; il choisit au contraire Marius comme son collègue dans le consulat pour l’année suivante (87). Les trafiquants d’argent furent les seuls qui se réjouirent de l’état de choses; ils se félicitèrent de la défaite des oligarques et s’enrichirent de leurs dépouilles en confisquant et vendant leurs biens. Aussi, le |)euplc leur donna-t-il le sobriquet d’emplisseurs de sacs*. Rome fut enfin délivrée du vieux furibond. Marius mourut âgé de plus de soixantedix ans, le 13 janvier de l’année 86. Cinna fut consul pendant l’espace de quatre ans, de 87 à 84. La plupart des amis de Sylla périrent. Métella, sa femme, se sauva avec peine, et vint le rejoindre avec ses enfants en Grèce. Sa maison à Rome fut rasée, ses campagnes brûlées et ravagées. Cinna se nomma con.sul de sa propre autorité; il choisit ses collègues sans s’inquiéter du peuple. IjG consul Valérius Flaccus fut l’auteur d’une loi (|ui réduisait les dettes de trois quarts; Cinna l’envoya en .Asie pour prendre le commandement de l’armée que Sylla, proscrit, conduisait contre Mithridate*. S’étant rendu odieux par son avarice è l’armée dont il devait se servir pour dépouiller Sylla, il fut assassiné par C. Fimbria, son lieutenant. Cinna choisit, en l’année 85, Carbon pour collègue dans le consulat : ils prolongèrent de leur propre volonté cette magistrature pendant l’année suivante. On ne cessa pas les persécutions contre les amis réels ou supposés de Sylla : la [ilupart de.s

1. Asconius sd Cic., in Tog. cand., p. 00. — *Saccularü,> concuuionoaircs, escamotcura.

2. VelléiusPatorculus, Ut. 11, ch. xiiv. — Appion, Guerre» Ut. 1,

di. LXXT. — Tite-Live, Epilame, ch. lxxxu.

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CÈSAIl.

nobles se réfugièrent en Achaïe d’abord, puis en Asie au camp de Sylla.

Sur ces entrefaites, Sylla avait, dans une suite de victoires, enlevé ses conquêtes à Mithridate; H l’avait ensuite réduit à son patrimoine territorial, et la [«ix fut conclue par lui avec ce redoutable ennemi de la grandeur romaine : c’était au commencement de l’année 84. L’année suivante, Sylla se rendit à Dyrrbachium, en Épire. 11 s’y embarqua avec cinq légions italicpies, six mille cavaliers, des troupes auxiliaires macédoniennes et grecques, formant en tout une armée de 40,000 hommes. Douze cents vaisseaux le conduisirent sur la céte d’Italie, oîi il débanpia à Brundusium, au [)rintemps de l’année 88. Cinna était mort à Ancône, assassiné |)ar ses soldats au moment où il allait quitU*r l’Italie pour combattre Sylla.

Dès l’année 85, le simat avait tenté une réconciliation entre Sylla et les marianistes, tandis que les consuls armaient avec vigueur contre lui. Mais certain message, envoyé dans la suite par le proconsul, ne fut pas de nature il rassurer Borne. .\près une énumération de ses victoires et de l’injustice dont il avait été frappé avec ses amis, Sylla terminait le dit message en annonçant qu’il allait arriver, et que bientôt il vengerait sa femme, ses enfants, ses amis, et qu’il chûtierait ses ennemis ainsi que ceux de la République'. Le sénat essaya d’adoucir Sylla en lui envoyant une députation ; il défend aux consuls de continuer les levées militaires avant qu’on n’ait reçu la réponse de Sylla. Ces * faits se passaient encore du vivant de Cinna, lequel, avec Carbon, obéissait aussi peu que Sylla se laissait fléchir.

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